A 12:51 dans Internet

Le Troll de la semaine : Alain Finkielkraut et la Stasi Internet

1
FEV
2013
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Alain FinkielkrautC’est à nouveau Alain Finkielkraut qui a, cette semaine, les honneurs de notre rubrique trollesque. Alors qu’il comparait Internet à une poubelle en 2009, le philosophe a estimé le 28 janvier dernier sur l’antenne d’Europe 1 que les investigations menées par les médias en ligne s’apparentent aux pratiques de la Stasi. Dans le collimateur de Finkielkraut : l’enquête de Médiapart sur le supposé compte bancaire suisse du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac.

On se doutait déjà qu’Alain Finkielkraut ne portait guère les technologies numériques dans son coeur. En 2009, il avait déjà fait les frais de notre rubrique trollesque en déclarant qu’Internet était une poubelle. L’intellectuel estimait également en 2011 n’avoir aucune confiance dans les digital natives, renvoyant ainsi d’un revers de main toute une génération à sa triste condition.

Toutefois, le philosophe n’entend visiblement pas s’arrêter là. Il a ainsi affirmé sur l’antenne d’Europe 1 lundi dernier que les investigations menées par Médiapart autour du supposé compte bancaire suisse de Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, s’apparentait aux pratiques de la Stasi.

Troll
Ainsi, selon lui : « Peut-être en effet a-t-il eu un compte en Suisse mais l’acharnement que Médiapart démontre, moi, me plonge dans la peur. On ne veut pas d’une police politique, mais une Stasi médiatique ou une Stasi internet risque peu à peu de s’installer en France. On saura tout sur chacun et surtout sur les politiques car jusqu’à présent les élites médiatiques ne sont jamais soumises à ce genre d’inquisition ».

On peut s’étonner du positionnement d’Alain Finkielkraut. Aurait-il tenu les mêmes propos si l’affaire Cahuzac avait été révélée par Le Monde ou Libération ? Sa peur viscérale d’Internet ne l’empêcherait-elle pas de mener une véritable réflexion sur la liberté et l’indépendance de la presse ? Une investigation journalistique perd-elle tout crédit si elle n’est pas imprimée sur un papier journal qui tâche les doigts ?

Qu’une accusation sans fondement rencontrée au détour d’un blog obscur hérisse le poil de Finkielkraut, nous le comprendrions et nous partagerions son aversion. Mais que le travail mené par des journalistes chevronnés et clairement identifiés soit comparé aux pratiques d’une sinistre police politique sous prétexte qu’il est publié sur un média en ligne, cela nous laisse coi.

Quant à l’accusation qui est faite aux médias en ligne de ne pas s’attaquer aux élites médiatiques, nous aimerions beaucoup qu’Alain Finkielkraut nous adresse les articles du Figaro enquêtant sur les activités industrielles et politiques de la famille Dassault, nous les lirons avec plaisir.

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