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Le Troll de la semaine : L’hadopi et les chiffres qui l’arrangent

7
SEP
2012
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hadopiAprès les premiers scuds d’Aurélie Filipetti et la création de la mission Lescure, l’Hadopi se sent menacée. Alors qu’elle n’a pas encore publié de bilan sur son action depuis deux ans, Mireille Imbert-Quaretta , présidente de la Commission de Protection des Droits au sein de l’Hadopi, a défendu son institution en s’appuyant sur des chiffres. Il nous semble que certains sont absents. Au nom de l’honnêteté intellectuelle, nous pensons qu’il faudrait les rappeler.

Depuis l’arrivée du gouvernement, l’Hadopi n’est plus vraiment vraiment en odeur de sainteté. Il y a deux mois, la ministre de la Culture trouvait que la haute autorité coûtait trop cher et pointait son inefficacité et actuellement, Pierre Lescure mène une mission de réflexion sur l’avenir de l’Hadopi.

Sentant le vent tourner, Mireille Imbert-Quaretta, présidente de la Commission de Protection des Droits s’est exprimée pour défendre son pré carré. Bien que l’Hadopi ne dispose pas encore de bilan chiffré de son action depuis deux ans, Mireille Imbert-Quaretta a voulu prouver l’efficacité du dispositif de la riposte graduée en arguant que depuis deux ans, plus d’un million de personnes ont été averties par mail et que 95 % d’entre elles ne sont jamais retournés sur les réseau Peer To Peer.

Bouton de téléchargement downloadSerait-ce là le seul argument pour sauver le gendarme du net ? Rappelons que l’Hadopi emploie 60 personnes et que son budget s’élève à 12 millions d’euros par an. Donc depuis deux ans, l’Etat a dépensé 24 millions d’euros pour envoyer 1 million de mails d’avertissement. Mais surtout, seuls 14 dossiers ont été transmis au parquet. Donc si nos calculs sont bons, la traque d’un pirate revient à 1,7 million d’euro.

Si le chiffre d’un million d’avertissement paraît impressionnant, il faut aussi rappeler que l’Hadopi ne surveille que les personnes téléchargeant en Peer To Peer. Même si la fermeture de Megaupload par le FBI a considérablement réduit le téléchargement direct, d’autres sites ont pris la relève. Or jusqu’à présent, personne n’a trouvé le moyen de faire cesser le piratage par ce biais là.

Enfin, madame Imbert-Quaretta est fière de son bilan en rappelant qu’ « aucune autre autorité n’a eu un tel impact. » Mais quel impact ? L’industrie du disque a-t-elle vu ses ventes de disques rebondir ? Quant aux salles de cinéma, leur fréquentation n’a jamais cessé d’augmenter malgré le téléchargement.

TrollSi la répression est nécessaire dans certains cas, l’Hadopi devrait peut-être s’interroger sur ce qui motive le téléchargement. Et si on commençait par sanctionner ceux qui se mettent d’accord pour vendre des morceaux de musique en MP3 à 1,29 € ou nous louer des films en VoD à 4,99 € en définition standard ?

A la recherche de coupes dans les dépenses publiques, le gouvernement pourrait commencer par l’Hadopi.

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