A 16:31 dans Internet, Médias

Le Troll de la semaine : comment l’Hadopi tente de survivre

10
OCT
2013
Partager cette actu sur :

trollLe dernier rapport de l’Hadopi méritait bien un troll. Se sentant plus menacée que jamais d’un rattachement au CSA et non pas, à notre grand regret, d’une disparition, l’Hadopi a publié un énième rapport d’activités dans laquelle elle propose de nouvelles pistes pour assurer sa survie. A 10 millions d’euros le rapport, on n’en attendait pas moins.

Hier, Marie-Françoise Marais, présidente de l’Hadopi, présentait le dernier rapport d’activité de son organisme. Ce document, qui n’a pas surpris grand monde, ne fait que reprendre pour l’essentiel des idées déjà présentes dans les précédents rapports. Pourtant quand on préside un organisme de 50 personnes et que l’on coûte à la collectivité 10 millions d’euros par an (avant c’était 12 millions), on pourrait faire preuve de créativité.

Mais non, preuve de l’inutilité de l’Hadopi, le rapport montre qu’en quatre ans d’existence, seulement 51 dossiers ont été transmis au parquet ce qui signifie que le montant dépensé par dossier (et non pas par condamnation) revient à environ 600 000 euros !

La taxonomie ou comment paraître plus intelligent

Bien sûr pour se défendre d’un si maigre bilan, l’Hadopi précise qu’elle ne dispose pas des moyens d’actions nécessaires. En effet, elle ne contrôle que les réseaux Peer To Peer. Or, le téléchargement direct est certainement le moyen le plus utilisé (et sans risque) pour télécharger illégalement. Pour cela, l’Hadopi demande d’avoir accès à « des données statistiques sur la taxonomie du trafic des fournisseurs d’accès Internet ». Les 50 collaborateurs de l’Hadopi ont dû probablement organisé un concours de celui qui trouverait le mot le plus savant. Même après avoir lu la définition du mot taxonomie sur Wikipédia, je n’ai toujours pas compris le sens. En clair, l’Hadopi voudrait étudier les données des FAI (téléchargement en Peer To Peer, téléchargement direct, streaming…) pour mieux agir. Mais que fait-elle depuis 3 ans ?

Comment l'Hadopi lutte contre le téléchargement illégal

Quand les membres de l’Hadopi flinguent l’institution

Au moment où l’Hadopi dévoilait son rapport annuel, Tris Acatrinei, une employée et opposante repentie de l’Hadopi publiait son livre « l’institution la plus détestée de France ». Dans une interview donnée au Figaro, elle confirme ce que nous disons depuis des mois. Pour lutter contre le téléchargement illégal, seule « une offre légale compétitive et attractive » ramènera les pirates dans le droit chemin. Enfin, pour enfoncer le clou, elle déclare que c’est aux ayants-droit de mettre en place cette offre et non pas à l’Hadopi.

Décidément, si les employés de l’Hadopi ne croient même pas en leur mission, à quoi sert cette institution ?

FacebookTwitter

FacebookTwitter

Articles en relation

comments powered by Disqus