A 15:58 dans Fibre optique

VDSL2 : un feu vert avec six ans de retard ?

29
AVR
2013
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Câble en cuivreLe comité d’experts cuivre a donné son feu vert pour l’introduction du VDSL2 en France. Cette technologie, expérimentée depuis 2005, peut-elle encore remplir son rôle alors que le FTTH semble s’imposer en véritable investissement pour l’avenir ?

Attendu par certains et redouté par d’autres, l’avis du comité d’experts concernant le VDSL2 est tombé vendredi après midi. Ce comité indépendant composé d’opérateurs et d’équipementiers se montre favorable à l’introduction du VDSL2 sur le réseau de France Télécom.

Cet avis était prévu depuis plusieurs mois. Nous l’avions annoncé pour l’automne 2012 et il aura finalement fallu attendre le printemps 2013. Néanmoins quelques mois de retard ne sont rien en comparaison du décalage avec lequel le VDSL2 fait son entrée.

Rappelons que France Télécom a déjà effectué des tests de cette technologie dès 2005 avant que le VDSL2 tombe totalement dans les oubliettes en 2006-2007. L’avis rendu par le comité d’expert semble donc sorti d’un autre temps.

Un périmètre très réduit pour une technologie limitée

Le comité d’experts dresse un panorama du potentiel du VDSL2 en France en termes de débit et du pourcentage de lignes concernées. Il faut savoir que le VDSL2 apporte un gain de performance uniquement sur les lignes inférieures à 1 km. En outre, cette technologie ne sera introduite que sur les lignes en distribution directe, c’est-à-dire ne passant pas par un sous-répartiteur.

Lignes concernées par le VDSL2

La portée du VDSL2 est donc limitée mais, en plus, la différence avec l’ADSL2+ n’est pas flagrante. Seules 6 % des lignes aura un débit supérieur à 30 Mb/s, il s’agit des lignes très courtes, bénéficiant donc certainement déjà d’un débit supérieur à 20 Mb/s. Pour 10,3 % des lignes, le gain sera visible mais le débit descendant ne dépassera pas 30 Mb/s. Enfin, pour 6,4 % des lignes, le VDSL2 sera possible mais n’apporte rien de plus que l’ADSL2+ actuellement.

NRA France TélécomLe constat est donc mitigé en termes de périmètre d’action mais aussi de performances. Même si le VDSL2 vient épauler un plan de montée en débit (via l’offre PRM), on se demande si cette technologie apporte les bonnes réponses à la fracture numérique actuelle.


Les premières offres à l’automne ?

Le comité d’experts du VDSL indique qu’une pré-généralisation est lancée sur deux départements, la Dordogne et la Gironde, afin de permettra aux opérateurs de tester « l’ensemble des processus des offres de gros ». Une fois cette phase terminée, France Télécom publiera ses offres de gros VDSL2. Les opérateurs auront ensuite trois mois pour préparer le lancement du VDSL2 sur l’ensemble du territoire.

Si rien ne vient retarder encore une fois le VDSL2, cette technologie pourrait être utilisée nationalement dès l’automne prochain. Toutefois, on ne sait pas encore quels seront les calendriers de lancement commercial des opérateurs.

Quels risques à moyen et long terme ?

Bande passanteLe comité d’experts indique que « le débit maximum observé sur le territoire devrait se situer autour de 50 Mb/s (débit descendant) pour les lignes les plus courtes. » Nous sommes donc loin des 100 Mb/s théoriques promis par le VDSL2. Et nous sommes encore plus loin des débits autorisés par mes technologies FTTx qui démarrent à 100 Mb/s et peuvent déjà atteindre 1 Gb/s. En outre, le FTTH apporte un réel avantage en termes de réactivité, de qualité de connexion et permet de sortir de la simple sphère télécoms en y ajoutant d’autres couches de services.

Si le VDSL2 permet à court terme d’apporter un gain de performances sur 16 % des lignes, qui sont déjà bien loties au niveau du débit, il n’apporte aucune réelle valeur ajoutée aujourd’hui. Et parmi ces 16 %, combien ne font (ou ne feront) pas l’objet d’un plan de déploiement de la fibre sur les 10 ans à venir ? Le VDSL2 ne va-t-il pas justement servir de justification pour éviter de déployer le très haut débit dans des zones qui en ont besoin ? La fracture numérique serait minimisée par une béquille de fortune au lieu d’être résorbée par un réel traitement de fond.

Il est clair qu’avec cette arrivée tardive, le VDSL2 se pose en simili-alternative peu onéreuse au très haut débit en FTTH. A l’heure où de nombreux acteurs réclament une réelle visibilité sur l’extinction du cuivre pour pérenniser les investissement dans les réseaux en fibre, on se demande si ce VDSL2 n’est pas qu’un miroir aux alouettes pour tenter de prolonger la location de la boucle de l’opérateur historique.

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