A 8:16 dans Free, Orange

Téléphonie mobile : nouvelles mesures du gouvernement

10
OCT
2012
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femme arabe entrain de téléphoner

Avec l’arrivée de Free Mobile sur le marché, le gouvernement, par la voix d’Arnaud Montebourg et de Fleur Pellerin, a décidé de redéfinir certaines règles du secteur de la téléphonie mobile, afin notamment de solliciter l’investissement et de préserver les emplois.

Le plan de soutien aux télécoms du gouvernement, dévoilé par Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin, sonne un peu comme un rappel à l’ordre pour les opérateurs télécoms. Avec l’arrivée de Free Mobile sur le marché et les menaces de suppression de postes chez SFR et Bouygues Télécom, les ministres ont décidé de rappeler quelques règles qui mettent les opérateurs mobiles face à leurs responsabilités.

Carte SIM Free MobileLa mesure la plus frappante de ce plan de soutien est sans doute la leçon que le gouvernement fait à Free Mobile. Lors de son arrivée sur le marché, l’opérateur, filiale d’Iliad, a en effet bénéficié d’un accord d’itinérance avec Orange afin de couvrir l’ensemble du territoire en 3G. Cet accord, qui pourrait rapporter 2 millions d’euros à Orange d’ici 2015, prévoit que Free Mobile puisse utiliser les infrastructures 3G de son concurrent jusqu’en 2018, le temps de déployer son propre réseau.

Néanmoins, SFR et Bouygues Télécom, qui ont vu leur nombre d’abonnés mobiles diminué au profit du nouvel entrant sans bénéficier de la manne financière de la location de leurs réseaux, sont depuis le début très opposés à cette mesure. Martin Bouygues s’est d’ailleurs adressé aux parlementaires à ce sujet durant l’été.

Or, il semblerait que le gouvernement partage les inquiétudes de Bouygues Télécom, puisqu’il a été rappelé que le recours à l’itinérance dans les zones denses ne pouvait être que transitoire. Pour Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin, il s’agit avant tout de préserver l’investissement, en incitant les opérateurs mobiles à déployer chacun leur propre réseau dans les zones denses. La mutualisation devra quant à elle être réservée aux zones les moins rentables. Ainsi, pour Free Mobile, le message est clair : l’opérateur doit impérativement développer sa propre infrastructure afin d’être capable de couvrir 90 % de la population en 2018, sans l’aide d’Orange.

Call CenterPar ailleurs, le gouvernement n’est pas indifférent aux menaces qui pèsent sur l’emploi dans le secteur des télécoms. SFR et Bouygues Télécom ont en effet annoncé d’importantes suppressions de postes à venir. Afin de lutter contre la délocalisation des centres d’appels, les opérateurs mobiles devront respecter un quota d’emplois dans la relation client basés en France. Pour ce faire, ils pourront mettre en place des offres d’assistance premium comme vient de le faire SFR. En outre, les prochaines attributions de fréquences pourront désormais être conditionnées au nombre de créations d’emplois et à la part d’emplois en centres d’appels localisés en France.

Enfin, concernant l’utilisation de la bande de fréquence 1,8 GHz pour le déploiement de la 4G, les ministres travailleraient actuellement avec l’ARCEP afin d’étudier cette demande qui émane de Bouygues Télécom. Cette bande de fréquence, actuellement dévoulue à la 2G, permettrait en outre d’utiliser l’iPhone 5 en 4G.

Au final, ce plan de soutien aux télécoms ne s’apparente pas franchement à un plan de soutien aux opérateurs mobiles. Dans le rapport de force qui opposent le gouvernement aux acteurs de la téléphonie mobile, il semble que celui-ci ait décidé de se montrer ferme dans le discours. S’agit-il d’une stratégie de négociation qui lui permettra de lâcher du leste par la suite ?

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