Orange/Bouygues Telecom : la fusion imminente ? [MàJ]

31
MAR
2016
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Le feuilleton du mariage prendra-t-il enfin fin ? Orange et Bouygues Telecom ont annoncé que la fin mars était la date limite des négociations et tous les points sont loin d’être réglés. Malgré tout, les conseils d’administration des deux entreprises doivent se réunir ce soir pour avaliser, ou non, la fusion.

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[MàJ 31 mars 2016] : Après de longues heures, les Conseils d'administration des groupes Orange et Bouygues n'ont pas été convaincus par le projet de fusion entre les deux opérateurs. Dans un communiqué de presse publié ce matin, le groupe Bouygues « constate que les négociations entre Orange et Bouygues n’étaient pas suffisamment avancées ». Même son de cloche dans le communiqué d'Orange.

Pour autant, cela ne signifie en rien la fin des négociations et l'échec du projet. Toutefois, cela confirme qu'elles sont complexes et pas aussi avancées que certains ont pu le prétendre. Le nombre d'acteurs intervenant sur le dossier est peut-être trop nombreux : Orange, Bouygues, SFR, Free mais aussi l’État.

La question de la valorisation de Bouygues Telecom et la participation du groupe Bouygues dans l'actionnariat d'Orange est un des principaux nœuds des négociations. Les inquiétudes se concentrent également sur les risques d'exécution ; notamment l'avis de l'Autorité de la concurrence qui risque de chambouler le difficile équilibre trouvé par les acteurs du dossier.

Selon Les Echos, Stéphane Richard, président d'Orange, et Martin Bouygues, président du groupe éponyme, doivent se rencontrer à nouveau ce matin. Les deux entreprises ont également annoncé qu'elles convoqueraient, de nouveaux, leur conseil d'administration pour se prononcer définitivement sur l'opportunité de poursuivre, ou non, les discussions.

La probabilité que le marché reste à 4 opérateurs et que Bouygues Telecom continue sa route seul reste importante. La bourse est fébrile suite à ces annonces, les cours d'Orange, Bouygues, SFR et Iliad-Free sont en baisse. La suite, lundi, au prochain épisode.

 

Article publié le 30 mars 2016

Tel un soap, les rebondissements au sujet du mariage Orange/Bouygues Telecom à longueur d'articles de presse n'en finissent plus.

S'ils permettent aux analystes et journalistes de tout poil d'exprimer leurs désirs, leurs fantasmes ou de vraies informations, ces négociations sont surtout très compliquées à vivre pour les salariés de Bouygues Telecom qui ne savent pas encore à quelle sauce ils vont être mangés.

Conseils d'administration ce soir chez Orange et Bouygues

Le suspense devrait prendre fin ce soir puisque les groupes Orange et Bouygues ont convoqué, chacun, un conseil d'administration. Ils devront se prononcer sur l'état actuel des négociations et autoriser, ou non, le mariage.

Free récupérerait finalement les boutiques

Depuis le début des négociations, beaucoup de sujets ont été éclaircis. Europe 1 nous apprend ce matin que ce serait finalement Free qui récupérerait l'intégralité des 550 Clubs Bouygues Telecom.

Une information étonnante quand on sait qu'il changerait profondément le modèle low-cost de Free qui passe avant tout par les ventes web. L'opérateur possède seulement 55 boutiques en 5 ans d'existence. Free devrait également racheter l'essentiel des fréquences et des antennes.

SFR prêt à mettre 4 milliards d'euros

Patrick Drahi, quant à lui, est prêt à tout pour faire disparaître Bouygues Telecom. Après une tentative de rachat avortée en juin dernier, le financier accepterait de mettre 4 milliards d'euros sur la table pour récupérer une partie des clients fixes et mobiles de l'opérateur. Il faut dire qu'après la perte d'1,2 million de clients en 2015 et une dette de 14,4 milliards d'euros, la disparition d'un concurrent serait salutaire.

Quel part pour Bouygues dans Orange ?

Malgré ces avancés, d'autres points restent problématique. La valorisation de Bouygues Telecom notamment, Martin Bouygues en veut 10 milliards d'euros dont une partie serait en cash et l'autre en actions Orange. Justement, la part du groupe Bouygues dans l'actionnariat de l'opérateur historique est aussi un sujet qui provoque un bras de fer entre les différents acteurs du dossier. L’État ne veut pas descendre en dessous des 20% afin de rester l'actionnaire de référence, Bouygues en souhaite 15%.

Mutualisation, itinérance : que faire ?

De même, l'accord de mutualisation des réseaux mobiles entre SFR et Bouygues Telecom complique les négociations. Faut-il l'arrêter, la poursuivre alors que les travaux sont déjà bien engagés ? De son côté, Xavier Niel souhaite voir poursuivre l'itinérance sur le réseau Orange jusqu'en 2022 alors que dans le même temps il récupérerait des antennes et des fréquences. Une idée qui susciterait l'ire de Martin Bouygues.

Création d'un duopole sur le marché des entreprises ?

La partie Entreprise de Bouygues Telecom engendre également des complications. Orange est ultra leader sur ce segment, SFR a toutes les peines pour s'y faire une place ; ce dernier a même perdu des clients en 2015. On parle de Coriolis Télécom pour reprendre cette filiale et éviter la création d'un duopole.

Une hausse des prix inévitable ?

Et que dire de l'Autorité de la concurrence qui devra se prononcer sur cet épineux dossier et préserver les intérêts du consommateur.

La fusion Orange/Bouygues Telecom si elle se fait, engendra quasi-certainement une hausse des prix car ce sont les tarifs de Bouygues Telecom qui seront alignés sur ceux d'Orange et non l'inverse. Par exemple, la filiale du groupe de BTP propose la fibre optique à 1 Gb/s la moins chère du marché à 25,99€, contre 36,99€ minimum chez Orange, hors promotions.

Les associations de consommateurs ont annoncé qu'elles seraient également vigilantes sur le dossier.

Où recaser les salariés ?

Le cas des 7 500 salariés de Bouygues Telecom est aussi complexe. 95% souhaite être repris par Orange en cas de fusion. La culture d'entreprise est en effet proche chez les deux opérateurs qui sont réputés pour choyer leurs salariés, à l'inverse de Free avec son modèle low-cost et SFR avec sa tête Patrick Drahi et sa réputation de chasseur de coûts.

Ce dernier s'est d'ailleurs fait épingler récemment par les syndicats. On peut dès lors comprendre l'inquiétude des salariés de Bouygues Telecom.

Des années avant qu'une fusion se concrétise

Le dossier est donc très complexe et les enjeux très importants, ce qui rend l'opération très risquée. Si Orange et Bouygues Telecom annoncent leur mariage ce soir ou demain, il faudra des mois voire des années avant que la fusion ne se concrétise. Avec toujours une possibilité d'arrêter l'opération à tout moment.

Bouygues Telecom prêt à continuer seul

En tout cas, il semble que ce soit la dernière occasion pour une consolidation du marché télécom en France. Martin Bouygues a confirmé que quoi qu'il se passe, sa stratégie de faire cavalier seul pourrait se poursuivre. Avant une autre saison ?

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