A 13:55 dans Orange

Fin du roaming en Europe : Orange ne fait pas de quartier

4
MAI
2017
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Avec un mois d’avance, Orange va permettre à tous ses clients de profiter des nouvelles règles européennes en matière de roaming. En allant plus loin que les exigences de Bruxelles, l’opérateur fait coup double, voire triple.

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Le forfait utilisable dans l’Union européenne comme en France, toute l’année, sans limitation autre que celle de votre contrat national. C’était l’idée de base de l’abolition des frais de roaming, finalement édulcorée depuis. Et c’est finalement ce que Orange promet à tous ses abonnés dès le 18 mai. Une approche qui a plusieurs avantages : lisibilité pour les clients, pression sur la concurrence, mais aussi simplicité de mise en œuvre pour ses services face à un règlement européen très complexe.

Usine à gaz

Le 15 juin 2017, l’ensemble des clients des opérateurs mobiles de l’Union européenne verront disparaître les surfacturations sur leurs appels, SMS et utilisation de l’Internet mobile depuis un autre Etat membre. Ou presque :  des limites ont été posées par la Commission, notamment sur la question du pays de résidence. Autre point encadré : la consommation d'Internet mobile, délivré à des prix très généreux dans certains pays et beaucoup plus cher dans d'autres. Il fait l'objet d'une politique d’utilisation raisonnable réclamée, notamment, par les opérateurs, qui craignaient que le projet ne leur coûte très cher.

Orange : le forfait utilisable en Europe comme en France

Résultat : Bruxelles a tranché a minima. Et a finalement décidé que les mobinautes européens disposant de gros forfaits data à pas cher ne pourraient disposer que d’un quart environ de cette enveloppe en roaming. Au-delà, des facturations subsisteraient, mais bien plus modestes qu’auparavant. Problème : le calcul de cette allocation d’Internet mobile est basé sur le prix payé par le client (forfait mensuel ou carte prépayée). Ce qui n’est pas illogique en soi, mais ouvre un maquis de cas particuliers qui risque vite de devenir illisible. Définition des forfaits concernés, offres couplées Internet+mobile, forfaits en promo 12 mois, abonnements comprenant l’achat du mobile, services additionnels, hors-forfait…

Orange tranche

Utilisation largement assouplie et hors-forfait atténué : l’amélioration au 15 juin 2017 reste indéniable, mais devient difficile à expliquer au client. Illustration avec SFR et sa communication « Abolish roaming » : une page dédiée sur son site et celui de RED pour expliquer ce à quoi ses abonnés auront droit lorsqu’ils voyageront en Europe. Ce sur l’ensemble des formules passées et présentes. Un effort de synthèse louable mais acrobatique, et encore lacunaire : impossible, à ce stade, de savoir de combien de data disposera un abonné Power 50 Go à 27,99€ la première année puis 37,99€ comprenant la remise multi-packs et l’étalement de l’achat d’un téléphone...

Abolition des frais de roaming en Europe

En s’en tenant peu ou prou à ce que lui impose la nouvelle réglementation, SFR s’enfonce dans la complexité du nouveau règlement. Un écueil qu’évite Orange en choisissant de permettre l’utilisation de ses forfaits (Sosh compris) dans l’UE exactement aux mêmes conditions qu’en France. Avec, en particulier, l’intégralité de la data disponible, et la facturation des hors-forfait au tarif national.

De quoi dissiper le « vécu anxiogène » des abonnés mobiles à l'étranger, récemment souligné par l'Association française des utilisateurs de télécommunications (AFUTT). Mais aussi s'épargner les comptes d’apothicaires et les éventuels litiges issus de la mécompréhension de la nouvelle tarification. A laquelle il faudrait, par exemple, former l’ensemble des ses conseillers clientèle pour répondre aux interrogations des abonnés ne comprenant pas les éventuels hors-forfaits facturés.

Pression sur Free

L'offre roaming de FreeDes conditions très avantageuses et une simplicité séduisantes pour les abonnés, qui font largement oublier le petit buzz de Free sur le sujet il y a quelques semaines. La filiale d’Iliad avait été la première à dégainer sur la question du roaming, en se conformant par anticipation à la nouvelle donne du 15 juin. Comme SFR, en se satisfaisant du minimum exigible dans l’UE, à savoir appels et SMS illimités depuis l’Europe sur son forfait à 19,99€, ainsi qu’un quart de la data (5 Go) disponible en itinérance. Grosse différence, cependant : seulement en 3G, quand Orange (mais aussi SFR) promet de la 4G partout en Europe…

Reste que, si l’on excepte la promesse d’un meilleur débit, l’argument de la data disponible en roaming, tient, pour l’heure, plutôt du marketing, au regard des usages actuels des clients français. A savoir une consommation moyenne mensuelle inférieure à 5 Go (maximum 4,9 Go chez Free), que ce soit en France ou à l’étranger.

Coût limité pour Orange ?

Dans ce contexte, le pari de l’opérateur est que cette disponibilité accrue de l’Internet mobile dans l’UE devrait avoir un impact limité sur ses comptes. Elle se fera certes à perte : chaque giga consommé en itinérance lui coûtera en effet 7,7€ initialement, bien plus que le prix qu’il facture au client sur la plupart de ses forfaits. Un déséquilibre que la puissance du groupe devrait permettre d’amortir, et qu’il a très certainement modélisé sur le long terme. Et qui sera aussi atténué par ce qu'il percevra sur les communications des millions de touristes et professionnels européens utilisant son réseau sur le territoire français chaque année.

Rappelons au passage que ce prix de gros pour la data en roaming évoluera de façon dégressive : 7,7€/ Go au 15 juin, donc, puis 6€/Go dès le 1er janvier 2018, pour atteindre finalement 2,5€/Go en 2022. Ce afin d'accompagner la hausse attendue de la consommation d’Internet mobile.

Les MVNO sur la toucheRoaming MVNO

Ces prix de gros avaient donné lieu à des négociations animées au sein des 28. Les pays affichant les forfaits les plus généreux craignaient en effet qu’un niveau trop élevé n’entraîne une hausse des tarifs, afin de répercuter sur l’abonné cette charge supplémentaire. Prophétie démentie ici : pas de hausse de prix chez Orange, donc, malgré une politique encore plus généreuse que celle voulue par Bruxelles. Ce grâce à une force de frappe financière dont ne disposent pas, en revanche, les plus petits acteurs du marché.

Ainsi, les opérateurs virtuels s’étaient également alarmés de l’impact de prix de gros trop élevés sur leurs finances. « Les opérateurs mobiles en position dominante seront les seuls à animer le marché », avait ainsi prévenu l’association MVNO Europe, estimant que la réforme en l’état risquait d’aboutir à leur exclusion pure et simple du marché. De fait, en tirant le marché vers un niveau sur lequel ils pourront difficilement s’aligner, l’opérateur historique porte un coup supplémentaire à leur attractivité, déjà éprouvée par la récente guerre de la data....

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