SFR rattrape son retard en 4G et appelle à un rééquilibrage sur la fibre

24
JAN
2017
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Alors que SFR a déployé tous azimuts en 2016, l’opérateur fait le point et annonce ses objectifs en 2017. Mobile, câble, fibre, Michel Paulin, son directeur-général, et son équipe ont souhaité démontrer la pertinence de leur stratégie et le résultat du travail réalisé. Il appelle également à un changement sur le déploiement de la fibre optique dans les zones AMII, affirmant qu’Orange n’y arrivera pas tout seul.

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Ces dernières années, l'actualité de SFR a été mouvementée : rachat, rationalisation des effectifs, réduction des coûts, nouveaux plans d'investissements... Michel Paulin, directeur général, et son équipe ont voulu communiquer sur les efforts réalisés au bénéfice du client, tant sur les réseaux que sur les contenus.

Se concentrer sur les clients

La stratégie de SFR développée en 2017 repose sur trois axes :

  • de l'investissement et de l'innovation dans les réseaux très haut débit, qu'ils soient fixe ou mobile
  • la convergence des contenus et des services (SFR Médias, SFR Play, etc.)
  • la transformation et la digitalisation de la relation avec les clients

Bien qu'il fut le premier opérateur à lancer la 4G en 2012, le réseau mobile a « souffert d'un sous-investissement » au moment de l'explosion du très haut débit mobile en 2013-2015, de l'aveu même de SFR. Laissant ainsi Orange et Bouygues Telecom s'échapper.

Six milliards d'investissements pour rattraper les retards

Depuis le rachat par Patrick Drahi et de son groupe Altice, l'opérateur au carré rouge a décidé de rénover de fond en comble son réseau mobile. Aidé par l'accord de mutualisation avec Bouygues Telecom, SFR a pu rattraper son retard avec une rapidité assez exceptionnelle.

Deux milliards par an sont, ou seront, investis dans les réseaux fixe et mobile, pendant trois ans, soit six milliards au total.

81% de la population en 4G

Sur le mobile, SFR a multiplié par quatre le nombre de sites 4G en deux ans et est passé de 4 806 antennes en services au 1er janvier 2016 à 9 835 en décembre de la même année, soit un doublement en un an.

Philippe Le May, directeur du réseau, a ainsi pu annoncer une couverture de 81% de la population en 4G, avec comme objectif de porter ce nombre à 90% à la fin de l'année et 99% fin 2018. Le déploiement dans les zones prioritaires, c'est-à-dire les zones peu denses, est déjà bien entamé puisque 50% a déjà été réalisé.

SFR rattrape son retard en 4G et appelle à un rééquilibrage sur la fibre

36 communes en Ultra Haut Débit mobile d'ici la fin de l'année

Outre la couverture, Philippe Le May a souhaité insister sur le débit offert aux usagers. L'opérateur déploie ainsi la 4G+ en agrégeant deux bandes de fréquences mais également la 4G++ ou 4G+ Ultra Haut Débit avec un débit descendant atteignant 337 Mb/s.

Sept agglomérations peuvent déjà en bénéficier : Brest, Clermont-Ferrand, Grenoble, Le Havre, Metz, Nancy et Nantes.

En juin prochain, onze agglomérations s'ajouteront à la liste : Bayonne, Biarritz, Bordeaux, Dijon, Montpellier, Mulhouse, Orléans, Paris, Reims, Tours et Valenciennes.

A la fin de l'année, ce seront dix-sept villes et banlieues supplémentaires qui auront accès au très haut débit : Angers, Avignon, Béthune, Douai, Lyon, Le Mans, Lens, Lille, Marseille, Nice, Orléans, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulon et Toulouse. Soit un total de trente-six communes.

SFR rattrape son retard en 4G et appelle à un rééquilibrage sur la fibre

100% du réseau câble à 1 Gb/s fin 2018

Outre le mobile, SFR a fait un point sur son réseau fixe. La rénovation du réseau câblé de Numericable avance à grand pas, l'intégralité des zones éligibles au 800 Mb/s sont désormais en 1 Gb/s. Ces zones représentent 40% du réseau national, l'objectif est d'atteindre les 70% à la fin de l'année et 100% d'ici fin 2018.

Il était important pour l'opérateur de souligner que le câble et la fibre optique apportent la même performance. Pour Michel Paulin, « Ce débat ne fait pas sens ».

Mettre le débit du câble au même niveau que la fibre optique

Si la comparaison tient sur le débit descendant, ce n'est pas encore le cas sur le débit montant. En effet, la technologie HFC ne permet pour l'instant que 100 Mb/s contre 200 Mb/s sur le FTTH dans les offres commerciales, d'autres opérateurs proposent même 250 Mb/s.

Des tests sont en cours pour déployer le DOCSIS 3.1 qui permet d'augmenter le débit montant, comme nous avions pu le constater dans les données nPerf. L'opérateur au carré rouge a précisé que le service qui utilise le plus le débit montant, Google Drive, est limité à 80 Mb/s par seconde. Toutefois, les usages vont évoluer dans les prochaines années et le besoin en débit sera toujours plus grand.

1,3 million de prises FTTH commercialisées

Sur les 9,3 millions de prises fibre commercialisées, 1,3 million sont en FTTH, c'est-à-dire jusqu'au domicile du client. Au total, SFR possède un peu plus de deux millions de clients sur ces technologies fibre, ce qui en fait le leader du marché. Il prévoit d'atteindre 11 millions de prises à la fin de cette année, soit un million de moins qu'annoncé en 2016.

SFR rattrape son retard en 4G et appelle à un rééquilibrage sur la fibre

Le deuxième opérateur n'en oublie pas pour autant son réseau ADSL puisque 80% des NRA sont également disponibles en VDSL, permettant d'apporter un débit jusqu'à 100 Mb/s pour les abonnés les plus chanceux.

Rééquilibrer la position dominante d'Orange sur les zones moyennement denses

Outre la rénovation des réseaux, Michel Paulin a évoqué le déploiement de la fibre optique dans les zones moyennement denses, appelées AMII (Appel à Manifestation d'Intention d'Investissement). Les opérateurs privés peuvent préempter et déclarer leur intention de déployer la fibre optique. Si ce n'est pas le cas, les collectivités prennent alors le relais.

Actuellement, Orange possède 80% des zones AMII contre seulement 20% pour SFR. Sur les 12 millions de lignes de cette zone, 9,6 millions sont donc réalisées par Orange, le reliquat par SFR. Pour Michel Paulin, « Orange n'atteindra pas l'objectif en 2020, c'est mathématique ». Il reste trois ans à l'opérateur historique pour terminer le déploiement alors que seulement 2,5 millions de prises sont installées.

SFR appelle donc à une révision des schémas de déploiement. Reste à savoir comment, d'autant qu'il faudra convaincre les collectivités. Ces dernières ont été échaudées par les retards sur les travaux lors du rachat de l'opérateur. Au point que certaines ont dénoncé leur contrat, comme la Métropole de Lille.

Poursuivre la stratégie des contenus

Enfin, Michel Paulin a réaffirmé son engagement dans les contenus « pour ne pas laisser le monopole aux GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) ». Il constate également que « ceux qui nous raillaient il y a un an, commencent à y venir », en faisant allusion à Stéphane Richard, PDG d'Orange, qui évoque un développement dans la fiction.

Le directeur général a également exprimé son interrogation sur les arguments présentés par ses concurrents pour ne pas reprendre son bouquet SFR Sport, ces derniers ne souhaitent pas voir le logo SFR dans leurs offres. Une rhétorique qui l'étonne en citant l'exemple de l'étranger avec BT Sport au Royaume-Uni, disponible chez d'autres distributeurs.

2017, le renouveau pour SFR ?

Les réseaux SFR se sont améliorés mais suffiront-ils à convaincre les consommateurs ? Plus de deux millions et demi d'abonnés sont partis en deux ans, il faudra sans doute redoubler de communication pour y parvenir.

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