A 14:13 dans SFR, TV

SFR : pari gagnant sur la Champions League ?

11
MAI
2017
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L’UEFA a confié la totalité des droits de diffusion de la Ligue des Champions à SFR à partir de septembre 2018. La stratégie de contenus d’Altice sera-t-elle payante ?

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Coup dur pour Canal et BeIN, coup de maître pour SFR et Altice ? Le carré rouge et sa maison-mère viennent de décrocher l’exclusivité sur la retransmission de la Ligue des Champions et de la Ligue Europa. Un atout indéniable sur lequel compte le groupe pour chiper des abonnés à ses concurrents Orange, Bouygues et Free, qui n’auront plus aucun moyen de proposer ces compétitions à leurs abonnés. Sans compter la mise sur la touche de Canal+ et BeIN sur les compétitions européennes. Reste à voir si le jeu en vaut la chandelle pour SFR, au regard du montant astronomique qui aurait été déboursé : plus d'un milliard d’euros sur trois saisons !

La LIgue des Champions et la Ligue Europe sur SFR en 2018

La convergence accélère chez SFR

Le groupe avait annoncé la couleur : fini les prix bradés et priorité aux contenus, enjeu n°1 pour pousser des offres premium. De fait, avec la Premier League et les deux compétitions européennes dans son panier, SFR dispose d’arguments sérieux pour convaincre les amateurs de foot de choisir son offre Internet. Notamment en couplant son futur SFR Sport survitaminé à BeIN Sports, qui détient les droits des autres championnats européens, à l'image des offres proposées depuis quelques mois. Le carré rouge (bientôt Altice France) pourrait ainsi se targuer de proposer l’intégralité du foot dans un seul abonnement, si l’on excepte l’inconnue Ligue 1 de foot, dont le sort sera scellé l’année prochaine.

La concurrence au tapis ?

Toujours en perte d’abonnés, SFR espère ainsi regonfler son parc en siphonnant celui de ses concurrents. Chez qui, en l’état, il n’y aurait aucun moyen de profiter de ces compétitions via le décodeur TV. A moins qu’Orange, Bouygues et Free ne mettent de l’eau dans leur vin et n’acceptent d’accueillir les cinq chaînes du bouquets sportif SFR sur leur décodeur. Pas inenvisageable au demeurant, peut-être au prix d’un changement de nom qui permettrait de ménager les susceptibilités…

Canal+ et BeIN privés de Ligue des champions de 2018 à 2021Du côté des Canal et BeIN, la pilule risque d’être amère. Pour la filiale de Vivendi, d’abord, qui commençait tout juste à remonter la pente sur les recrutements. Elle risque désormais d’avoir bien du mal à convaincre ses clients de s’engager 24 mois sur une offre Essentiel Sport dépourvue de la Ligue des Champions la 2e année… Du côté du groupe qatari, en grande difficulté financière, une hémorragie d’abonnés est aussi à prévoir. BeIN, en perte de 1 milliard d'euros depuis son lancement, se consolera peut-être en songeant aux 90 millions d’euros économisés chaque année, et sans doute bien plus s’il s’était aligné sur SFR.

1,4 milliard d’euros à amortir sur 4 ans

Car le groupe de télécoms a mis le paquet : 350 millions d’euros par saison pour la Ligue des Champions et et la Ligue Europa, contre un total de 160 millions actuellement (90 pour Bein, 40 pour Canal et 20 pour l’Europa League). Soit plus d'un milliard d’euros sur la période 2018-2021, qu’il faudra bien amortir.

A cet égard, l’aspiration de nouveaux clients Internet risque de ne pas suffire, comme en témoigne l’expérience de British Telecom outre-Manche. L’opérateur, qui a déboursé encore plus (400 millions de livres) pour conserver les deux compétitions de foot européenne jusqu’en 2021, n’en a pas véritablement profité financièrement. Les quelque 40 000 abonnés supplémentaires par an liés à ces exclusivités sont loin de compenser ses investissements colossaux dans les droits sportifs.

Hausses de tarifs à prévoir chez SFR ?

D’où la question que les abonnés se posent déjà : pour s’y retrouver financièrement, SFR devra-t-il augmenter ses prix ? L’initiative passerait forcément mal auprès des clients existants, en particulier ceux que le foot laisse froids, et qui n’hésiteraient pas à résilier le cas échéant. Plutôt que de recourir à cette stratégie risquée, Altice et SFR pourront compter, en plus des migrations Internet espérées, sur l’appoint de l’offre SFR Sport en externe : le service OTT «100% digital» (ordinateur, PC, smartphone, smart TV, consoles).

L'offre SFR Sport 100% DigitalUne offre proposé à 9,99€/mois qui pourrait séduire les passionnés de foot peu enclins à changer de FAI pour suivre ces grandes compétitions. Et dont le prix, pour le coup, sera peut-être moins périlleux à augmenter, sachant qu’un abonnement à BeIN Sports coûte actuellement 15€/mois. Reste que, pour suivre les exploits de Barcelone, du Real Madrid ou du PSG sur tous les terrains, il faudra désormais combiner ces deux bouquets sportifs, une inflation annoncée qui fait déjà grincer des dents chez les fans de foot.

Dernier levier pour rentabiliser ses nouvelles compétitions : les recettes publicitaires liées aux événements, mais, là encore, la segmentation induite par l’exclusivité des retransmissions sur SFR Sport risque de peser sur le prix de l’écran pub. A moins que le groupe ne mise sur une diffusion des plus grandes affiches sur sa chaîne TNT Numéro 23. Avec, à la clé, de possibles records d’audience qui permettraient à SFR de récupérer une petite partie de sa mise. Beaucoup de pistes et une certitude : amortir ce produit d'appel très chèrement acquis ne sera pas une mince affaire.

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