A 16:08 dans Mobile

Couverture mobile en Pays de la Loire : la Région tance les opérateurs

12
OCT
2017
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Dénonçant « une couverture insatisfaisante » en Pays de la Loire, les élus régionaux haussent le ton face aux opérateurs.

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La Région Pays de Loire se plaint de sa couverture mobileUne « situation complètement inéquitable » : voilà ce qu’ont dénoncé cette semaine le conseiller régional (LR) Bruno Retailleau et son confrère Philippe Henry, conseiller régional (UDI) en charge des infrastructures numériques. Inquiets de voir l’ambition numérique laisser de côté « les territoires les plus fragiles », les élus ligériens déplorent notamment les « réponses insatisfaisantes » apportées par les opérateurs aux difficultés signalées par les collectivités.

France Mobile : « Retour aléatoire »

Le lancement de France Mobile avait pourtant « créé un espoir chez les élus locaux », soulignent les conseiller régionaux. Problème, expliquent-ils : face à l’afflux de signalements envoyés via la plate-forme d’identification et de traitement des problèmes de couverture, les opérateurs ne proposent qu’un « retour aléatoire ». Et de préciser que seuls 54 dossiers ont été examinés en une année dans la région, quand les demandes des élus dépassent les 200 en six mois.

Sur ce point, il n'est pas inutile de revenir sur la procédure France Mobile, spécifiée sur le site de France THD : une fois les signalements effectués par les élus, ce sont les « préfets de région, en concertation avec les collectivités territoriales », qui sont chargés de « prioriser les problèmes identifiés ». Les opérateurs s’engagent alors « à étudier les cas priorisés et à indiquer s’ils disposent de projets de déploiement ou de solutions ». Manqueraient-ils à cet engagement en ne traitant pas tous ces cas priorisés ?  Nous avons interrogé les services de la Région, qui nous ont précisé que le chiffre de 54 dossiers évoqué plus haut correspond en réalité à un quota alloué par l'Etat. En l'espèce, la limitation semble donc plutôt provenir de ce côté - de façon, précisément, à inciter les collectivités à hiérarchiser les urgences - plutôt que des opérateurs.

Sur les dossiers pris en compte, la Région Pays de la Loire formule toutefois d'autres critiques : le délai d’intervention des opérateurs lorsqu’ils s’engagent sur une amélioration, qui peut aller jusqu’ à 36 mois. Et, d’une manière générale, la fin de non-recevoir que peuvent signifier les opérateurs mobiles s’ils ne disposent d’aucune solution pour améliorer la situation. Une limite du dispositif qui implique l’intervention, en dernier recours, de l’Etat, auprès de qui les collectivités peuvent alors demander une subvention dans le cadre de l’appel à projet « Couverture de sites prioritaires ».

2,8 millions d’euros pour les zones blanches

En attendant, la Région n’oublie pas de souligner son activisme en matière d’amélioration de la couverture mobile, dans le cadre du programme Zones blanches-centres bourgs (ZBCB). Près de 2,8 millions d’euros sont ainsi mobilisés pour contribuer au financement des pylônes censés accueillir les antennes des opérateurs sur les communes en manque de réseau, désormais au nombre de 48, et pour équiper quelques autres sites prioritaires en zones blanches.

Ecart sur le haut-débit

MM. Retailleau et Henry ciblent également l’indisponibilité de l’Internet mobile, s’appuyant sur l’initiative mis en place il y a un an par Gigalis, le syndicat mixte en charge du très haut-débit sur la région. Ce dernier avait lancé en septembre 2016 une application de crowdsourcing basée sur la solution 4G Mark de QoSi. En collectant auprès du grand public les données permettant de préciser la réalité de la couverture mobile sur le terrain, la Région Pays de la Loire entendait ainsi « présenter une analyse précise et objective de la qualité des réseaux ».

Les résultats ont été croisés avec les cartes de couverture des opérateurs, dans le cadre d’une étude cofinancée par l’Etat en mai dernier : sans surprise, la confrontation des deux approches confirme « un écart sur le haut-débit ». Avec « des zones non couvertes importantes » qui « touchent tous les territoires à l’exception de la Loire-Atlantique, et y compris des communes avec une forte population : Saumur, La Roche-sur-Yon ou Fontenay le Comte », détaillent les élus. Des « carences particulières » sont identifiées sur 14 zones représentant 500 communes sur les 5 départements, où la Région entend réaliser de nouvelles mesures de terrain « pour affiner les résultats ».

En attendant, fort des premières conclusions de l'étude, Bruno Retailleau, pour qui « le développement numérique [est] aussi un moyen de promouvoir une ruralité attractive et vivante », demande d'ores et déjà aux opérateurs de « jouer le jeu et de prendre leurs responsabilités ».

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