A 20:15 dans Institutions, Mobile

La FFT fait le bilan du déploiement mobile rural

Par
29
JUIN
2017
Partager cette actu sur :

Nous avons profité du bilan de la FFT (Fédération Française des Télécoms) sur le déploiement des réseaux mobiles en  zones peu denses, pour demander à son Directeur Général, Michel Combot, son analyse de la situation.

FacebookTwitterGoogle+

 

FFT 31 mai 2017, bilan mobile

Selon la FFT, les opérateurs tiendront leurs engagements de couverture des zones blanches-centres-bourgs. Ce sont à fin mai 2017, 3070 communes du programme ''Zones blanches - centres-bourgs'' qui propose de l’internet mobile (3G ou 4G). Il s'agit de couverture mutualisée avec au moins 3 opérateurs présents.

On dénombre aussi 1129 communes de montage, sur les 3855 communes du programme (arrêté du mois de mai 2017). D'ici le 30 juin 2017, l’internet mobile aura été déployé dans les communes qui disposent d'ores et déjà d'un pylône.

Ce programme complète les obligations spécifiques indiquées lors de l'attribution des fréquences, afin d’aménager le territoire. Il s'agit de couvrir en 4G de la zone dite prioritaire, soit 18% de la population répartie sur 63% de notre territoire.

La problématique des pylônes à construire selon la FFT

Tout comme Pierre Louette durant le TRIP AVICCA de printemps 2017, la Fédération souligne l'urgence de mettre en place un suivi national régulier sur la construction et l'identification des points hauts. Ce serait aux services de l’État de gérer une planning précis des constructions des infrastructures par les collectivités, en coordination avec ces dernières.

Tout comme l'Arcep, les opérateurs – au travers de la Fédération - planchent sur l’amélioration de la communication de la couverture à l’intérieur des bâtiments, surtout publics. La FFT rappelle l'engagement fort des opérateurs télécoms français pour l’aménagement du territoire, par le biais de son Directeur Général.

Interview de Michel Combot, Directeur Général de la Fédération Française des Télécoms (et ex-Directeur Général Adjoint du CSA)

DegroupNews : A combien estimez-vous le retard de déploiement des réseaux mobiles en zones peu denses ?

Michel Combot : On ne peut pas parler de retard des opérateurs dans le déploiement de leurs réseaux mobiles ! L’aménagement numérique du territoire en matière de téléphonie mobile constitue pour les opérateurs de communications électroniques un engagement fort et constant comme en témoignent les 2,7 milliards d’euros investis au titre de l’année 2016 pour les réseaux mobiles.

Michel CombotPour ce qui est du programme « zones blanches – centres-bourgs », les opérateurs tiendront leurs engagements de couverture et auront déployé de manière mutualisée, d’ici mi-2017, l’internet mobile dans les communes du programme qui disposent d'ores et déjà d'un pylône. Au-delà de la couverture des centres-bourgs, les opérateurs se sont engagés à financer, de manière mutualisée, les équipements de 1300 sites prioritaires en 5 ans dans le cadre du programme dit du « guichet Sites stratégiques », à raison d’un objectif de 260 sites par an.

Il s’agit là de desservir des zones touristiques (grottes, sentiers pédestres, châteaux ; domaines skiables), économiques (usines, zones d’activités) ou d’habitations (hameau), situées loin des centres-bourgs. Ce programme permettra d’apporter une couverture mobile, au-delà des centres-bourgs, dans les zones de développement prioritaires, qui en sont aujourd’hui dépourvues.

Pour ce qui est de leurs déploiements en propre, les opérateurs ont des obligations très significatives contenues dans leurs licences en matière de déploiements mobiles et atteignent aujourd’hui des taux de couverture importants du territoire en 2G et en 3G. Les déploiements des services 4G sont également en constante progression et les opérateurs vont bien au-delà de leurs obligations notamment dans les zones peu denses. En effet, les opérateurs membres de la fédération sont très en avance sur le calendrier des obligations s’agissant de la 4G.

DegroupNews : Quels sont pour vous les  freins majeurs aux déploiement mobile en zones rurales, prioritaires et centre-bourgs ?

Michel Combot : Le principal frein observé dans le déploiement des sites mobiles dans le cadre du programme « zones blanches – centres-bourgs » est la construction du pylône par la collectivité.  En effet dans le cadre du programme « zones blanches – centres-bourgs » et du programme du « guichet Sites stratégiques », la construction des pylônes relève de la responsabilité des collectivités locales qui bénéficient de subventions d’investissement de l’Etat.

Certaines communes ne disposent pas encore de leur pylône pour deux raisons :

  • 541 nouvelles communes ont rejoint récemment le programme entre 2016 et 2017. En effet, le programme initial a été complété en 2016 par 268 communes (arrêté de février 2016) et en 2017 par 273 communes (arrêté de mai 2017).
  • Pour d’autres, des difficultés persistent pour construire le pylône : réticence des riverains, des difficultés contractuelles et administratives, notamment vis-à-vis de la réglementation des architectes des bâtiments de France, la multiplication des interlocuteurs et des contraintes techniques pour trouver le lieu approprié.

Déploiement en montagneLa construction des pylônes par les collectivités locales, au titre de l’aménagement du territoire, prend en moyenne entre 12 et 18 mois. Il faut ajouter 6 mois supplémentaires pour que les opérateurs acheminent et raccordent les équipements télécoms.

Certains pylônes mettent plusieurs années à sortir de terre en raison de difficultés administratives (monuments historiques), de la contestation de riverains qui ne souhaitent pas d’un pylône ou de la difficulté de trouver un terrain et de le viabiliser notamment en zone de montagne (raccordement électrique).

Tout ce qui pourra être fait pour simplifier les déploiements des réseaux sera donc le bienvenu : réduction des délais administratifs, simplification des procédures…

DegroupNews : Quels sont les préconisations de la FFT pour l'amélioration des mesures et de l'information des citoyens sur la couverture mobile ? Dire que la 4G est présente sur une commune ne veut rien dire pour un usager si cela ne concerne par exemple que 5% de la zone concernée ou un seul opérateur mobile...

Michel Combot : Les enjeux de l’amélioration de la couverture mobile résident effectivement sur une meilleure connaissance des problèmes de couverture.

A ce titre, les opérateurs et l’Arcep travaillent à l’amélioration des cartes de couverture. L’Arcep a récemment publié, via le site internet monreseaumobile.fr, des nouvelles cartes de couverture enrichies qui différencient les niveaux de couverture. L’objectif est de rendre ces cartes moins binaires, afin de rendre compte de la diversité de la réalité vécue par les utilisateurs. Depuis mars 2017, la publication des cartes enrichies a été mise en œuvre sur une région pilote, la Nouvelle Aquitaine, pour généralisation du dispositif à la rentrée 2017.

Ces nouvelles cartes de couverture vont permettre d’identifier les zones prioritaires où la couverture mobile devra être renforcée. Cette identification se fera avec les élus et collectivités locales. Par ailleurs, les opérateurs – sous l’égide de la Fédération -  travaillent actuellement à un recensement et une présentation des solutions d’amélioration de la couverture à l’intérieur des bâtiments. Notamment les lieux accueillant du public.

En effet, la diversité des territoires, mais également la configuration des bâtiments, font qu’il peut demeurer des situations où la couverture mobile peut être difficile à assurer. Ce travail aboutira à la publication, par la Fédération dans les prochaines semaines d’éléments pédagogiques qui pourront être largement diffusés auprès des élus locaux, en particulier des zones les plus rurales.

La Fédération et ses membres ont conscience que les efforts visant à améliorer la couverture mobile doivent se poursuivre : développement de la 4G, renforcement de la qualité de service...

Notre enjeu est de définir un contrat de mandature avec l’Etat afin que l’aménagement numérique devienne une vraie priorité et que le secteur des télécoms ne soit plus considéré comme une variable d’ajustement du budget de l’Etat.

Infos sur le membres de la FFT : parmi les membres on retrouve Orange, SFR, Bouygues Telecom, mais pas Free, plus d'autres acteurs comme Euro Information Telecom, La Poste Mobile, Verizon, Kosc Telecom, Colt, Legos...

FacebookTwitterGoogle+

Articles en relation

comments powered by Disqus