A 16:43 dans Institutions, Mobile

Couverture mobile : les performances des opérateurs au crible de l’Arcep

18
SEP
2017
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En fournissant des cartes de couverture mobile enrichies, l’Arcep entend créer un « choc de transparence » pour les opérateurs et les utilisateurs.

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[MàJ le 19/09/2017 relative aux mesures effectuées par l'Arcep]

La qualité d'un forfait mobile ne se juge pas qu'à son prix. C’est, en substance, le message qu’entend faire passer l’Arcep en publiant aujourd’hui ses nouvelles cartes de couverture mobile. Celles-ci doivent permettre aux utilisateurs de téléphonie mobile de vérifier avec précision la performance des quatre opérateurs de réseaux dans leur zone géographique. Autre intérêt pour le régulateur : poser un diagnostic sur les besoins en couverture mobile du territoire.

Couverture simulée

Arcep : niveaux de couverture voix/SMSLa version améliorée présentée ce 18 septembre sur monreseaumobile.fr par le gendarme des télécoms se concentre pour l’instant sur la performance des réseaux d’Orange, Bouygues, SFR et Free sur la partie voix et SMS. En lieu et place de l’indication binaire « couvert ou non » dont on devait auparavant se satisfaire sur les cartes de couverture des opérateurs, 4 paliers sont désormais disponibles (voir ci-contre), sur l’ensemble du territoire métropolitain. Ceux-ci sont définis par la qualité de couverture simulée, prenant en compte « les caractéristiques propres du réseau de l’opérateur, la géographie, l’urbanisme… », explique le régulateur. Des cartes qui restent toutefois fournies par les opérateurs, et dont l'Arcep nous explique vérifier l'exactitude via des campagnes de mesure, exclusivement en extérieur.

Cercle vertueux

L’idée est ici d’éclairer le choix des consommateurs, à l’heure où le ratio contenu/prix reste l’unique facteur de différenciation commerciale pour les opérateurs. A l’image de la guerre de la data survenue au printemps dernier dans le sillage de l’illimité de Free, qui a vu fleurir des offres toujours plus chargées en gigas pour une poignée d’euros. A ces arguments, l'Arcep entend bien ajouter la fiabilité du réseau. D’où la mise à disposition d’un moyen concret de vérifier la qualité de service effective d’un opérateur donné dans les lieux de vie, notamment en zone peu dense, ou encore dans les moyens de transport.

Mobile : carte de qualité de service Arcep

L’idée est ici de « réguler par la data » : le gendarme des telecoms met à la disposition du consommateur un outil qui lui permet de jauger sur le fond la performance de son prestataire avant de choisir. Une mécanique qui, espère-t-il, obligera les opérateurs à investir davantage pour être en mesure d’apporter au client la qualité de service requise. Le tout sans recourir à des mesures coercitives : un « cercle vertueux » qui, pour s’enclencher, devra reléguer au second plan la force de frappe commerciale et publicitaire des opérateurs…

60% de très bonne couverture

Pas une mince affaire, mais Sébastien Soriano veut croire que l’empowerment parviendra à changer la donne dans la téléphonie mobile. Et que permettre à chacun d’établir son « podium individuel » limitera la pertinence et donc l’impact des classements nationaux, forcément monolithiques. Mais sur lesquels les opérateurs n’hésitent pas à s’appuyer pour vanter l’envergure de leur couverture, au risque de promesses qui n’engagent, comme de coutume, que ceux qui y croient. Ainsi, les quelque 98-99% de couverture de la population en voix-SMS sont largement relativisés par les cartes enrichies de l’Arcep.

Couverture mobile : voix et SMS chez Orange, Bouygues, SFR et FreeRésultat : l’opérateur le plus performant, Orange, couvre 90% de la population en voix et SMS mais n’apporte une « très bonne réception » que sur 60% du territoire. Free, adossé au réseau 2G d’Orange, affiche une performance logiquement proche (57%), devant SFR (54%) et Bouygues, qui ferme la marche avec un petit 48%.

De quoi regarder d’un autre œil les performances vantées par les opérateurs, même si, lorsqu’on s’en tient à une couverture seulement « bonne » (soit pas forcément garantie en intérieur), les chiffres remontent sensiblement. Orange affiche alors 92% du territoire couvert, tandis que le dernier, SFR, pointe à 78%. A cet égard, à présent que la bataille de chiffres se porte sur la couverture en 4G, la publication par l’Arcep  de cartes de couvertures enrichies pour l’Internet mobile en 2018 risque d’être particulièrement instructive…

Outil de diagnostic

Mais ces cartes enrichies ne serviront pas qu’à informer le consommateur. Elles constituent également un « point de départ dans l’analyse des besoins en couverture mobile des territoires », explique l'Arcep. Clairement identifiées, les zones problématiques « pourraient en effet devenir prioritaires dans les objectifs de déploiement assignés aux opérateurs », estime le régulateur. Qui dispose désormais d’un outil de diagnostic pouvant « contribuer à l’élaboration de politiques publiques pour combler la fracture numérique ». De quoi identifier les besoins qui se traduiront par de nouvelles obligations de déploiement pour les opérateurs.

Pas de cadeau aux opérateurs, mais du soutien

En ligne de mire, notamment : les objectifs édictés par le nouvel exécutif (100% de la population en 3G/4G en 2020). Avec, en contrepartie d’obligations « beaucoup plus ambitieuses », a indiqué Sébastien Soriano à l’AFP, un lâcher de lest sur le dossier du renouvellement des fréquence. Celui-ci pourrait « par exemple », intervenir avant 2021, « sans remise aux enchères, afin de garantir un coût sans inflation pour les opérateurs », a détaillé le patron de l’Arcep. « Il ne s'agit pas de faire de cadeau aux opérateurs mais de les soutenir alors qu'ils contribuent déjà largement au budget de l'Etat », a-t-il tenu préciser, estimant que « l'effort demandé doit porter sur l'investissement plutôt que d'éventuelles redevances ».

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