A 17:07 dans Institutions

Marché télécoms au 3e trimestre : baisse des revenus sur le fixe et le mobile

12
JAN
2018
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L’Arcep publie son observatoire du marché des communications électroniques pour les trois mois d’été, qui ont vu fondre les recettes des opérateurs.

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L’Arcep l’avait déjà indiqué en décembre dans son observatoire des réseaux fixes, elle le rappelle dans son observatoire du marché télécoms au 3e trimestre : la part des abonnés très haut débit en France métropolitaine a poursuivi sa progression cet été. En l’espace d’un an, 1,5 million de clients sont venus grossir les effectifs THD, qui représentaient à fin septembre 23% du parc Internet fixe en métropole (+5 points). Soit 6,5 millions de clients à même de surfer à plus de 30 Mb/s, dont 2,9 millions en fibre (+990 000 en un an). Parallèlement, les abonnements xDSL reculent de 3% en un an, à 21,2 millions.

Arcep : abonnements Internet au T3 2017

Revenus en baisse

Les fournisseurs d’accès Internet ne profitent guère de cette mutation progressive du parc. Leurs revenus sur les accès haut et très haut débit ont ainsi peu augmenté en un an (+1,7% à 2,9 milliards d’euros). Insuffisant, constate l’Arcep, pour compenser le recul de 10%, à 746 millions, enregistré sur la partie bas-débit (abonnements et communications sur le RTC essentiellement). Au total, le marché de l’Internet fixe enregistre ainsi un repli de 1,1% au 3e trimestre 2017, à 4,275 milliards d’euros.

Les contenus à part

On note au passage un intéressant changement dans le recensement par l’Arcep des « autres revenus » liés à l’accès Internet : hébergement, publicité en ligne et surtout services de contenus (TV, VOD, musique, presse…). Des produits que « certains opérateurs » ont transféré de la rubrique « abonnement multiservices » vers la rubrique « autre revenus » depuis 2016, « pour des raisons fiscales », écrit l’Autorité.

Revenus opérateurs Internet T3 2017

On pense forcément à l’intégration progressive de SFR Presse - et de son taux de TVA avantageux - dans les offres de la marque au carré rouge, qui correspondrait aux corrections à la hausse appliquées à partir du T2 2016. Stables aux alentours de 330 millions d’euros jusque-là (voir graphique ci-dessus), ces revenus annexes s’envolent pour culminer à 678 millions d’euros au T4 2016. Ils régressent ensuite avant de se stabiliser au T3 2017. Effet de l’intégration du bouquet presse sur les abonnements Bbox de Bouygues Telecom ? Difficile de l’affirmer, tant la hausse du dernier trimestre est modeste.

Les offres convergentes en fort repli

L’évolution des offres Bouygues au printemps dernier pourrait en tout cas expliquer un autre phénomène : le trou d’air des offres couplées. Surprenant pour une tendance qui allait en s’amplifiant : +9 à 15% en rythme annuel depuis six trimestres, rappelle l’Arcep. Au T3 2017, pourtant, il n’y avait plus que 19,6 millions de cartes SIM associées à un accès fixe, contre 20,6 millions trois mois plus tôt. Un repli qui pourrait s’expliquer par la suppression des avantages multi-lignes chez Bouygues en juin dernier, celles-ci rentrant dans la définition des offres convergentes retenues par le régulateur.

Mobile : plus de forfaits, moins de revenus

Ce choix de Bouygues participe d'un effort entrepris ces derniers mois par les opérateurs pour tenter de préserver leurs revenus, dans un contexte de guerre commerciale conjuguant prix bas et offres toujours plus musclées. Ainsi, alors que les consommateurs adoptent massivement la 4G (+ 9 millions d’utilisateurs en un an, doublement annuel des consommations), cette amélioration de la prestation rendue ne se traduit pas par une hausse des revenus des opérateurs.

Revenus opérateurs mobiles T3 2017

Ceux-ci ont même régressé de 1,3% sur un an au T3 2017, à 3,5 milliards d’euros « principalement en raison du recul du revenu provenant des offres forfaitaires prédominantes », observe l’Arcep. Et ce malgré une hausse de 4% du nombre de forfaits écoulés (+2,6 millions en un an, à 63,4 millions). Le montant de la facture moyenne pour un client forfait continue ainsi de glisser : elle est passée en un an de 18,5 à 17,6 euros.

Roaming : un premier bilan

Il faut dire que l’abolition des frais de roaming dans l’Union européenne a également compliqué l’équation pour les opérateurs. D’un côté, une baisse des recettes tirées des consommations des abonnés français en vacances à l’étranger cet été (roaming out), à 181 millions d’euros, soit 63 millions de moins en un an. Et ce alors que le trafic a explosé : +42% pour la voix, +33% pour les SMS et surtout +291% pour la data !

Si une dynamique de trafic similaire est observée sur le roaming-in (connexion des clients des opérateurs étrangers en France), celle-ci se traduit par un surcroît de recettes de seulement 35 millions d’euros par rapport à l’été 2016. 28 millions d’euros de rentrées en moins au total, donc. Et l'on ne parle pas du coût supporté par les opérateurs pour l’interconnexion de leurs abonnés voyageant en Europe…

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