A 11:52 dans Autres opérateurs

Roaming en Europe : des opérateurs virtuels pourront surfacturer

21
JUIN
2017
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L’Arcep vient de publier 11 dérogations permettant aux petits opérateurs mobiles de continuer à appliquer des frais supplémentaires en itinérance.

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Véritable avancée pour les consommateurs, la fin des appels et de l’Internet mobile surtaxés en Europe coûte cher aux opérateurs. Il y a les quatre gros - Orange, Bouygues, SFR et Free - suffisamment costauds pour absorber un surcoût total de plusieurs centaines de millions d’euros par an. Et il y a les opérateurs virtuels dits « MVNO », pour qui il est plus compliqué de négocier des tarifs avantageux afin de permettre à leurs abonnés d’utiliser les réseaux étrangers. Pour eux, la disparition des surfacturations en roaming constitue un nouveau défi économique.

Equilibre économique menacé

l'ARCEP autorise plusieurs opérateurs à surfacturer le roaming en EuropeConsciente des risques pesant sur ces acteurs, la Commission avait introduit dans son règlement une clause de sauvegarde. Celle-ci autorise un fournisseur à « solliciter l’autorisation de facturer des frais supplémentaires » pour ses clients en itinérance, lorsqu’il « n’est pas en mesure de couvrir l’ensemble des coûts réels et prévisionnels afférents ».

L’idée est de permettre aux opérateurs concernés de compenser « partiellement ou totalement » les pertes générées par la nouvelle donne. Le tout sous l’œil vigilant de l’Arcep, chargé d’étudier les projections annuelles fournies par les candidats. Le gendarme des télécoms doit alors déterminer si l’application du règlement roaming menace effectivement la « viabilité de leur modèle tarifaire national ».

Dérogation pour 11 opérateurs

Ils sont onze opérateurs à avoir reçu l’assentiment de l’Arcep : les voilà autorisés à « facturer des frais d’itinérance supplémentaires au détail ». Conformément à l’esprit du dispositif, qui consiste à compenser le coût supplémentaire induit, ces frais ne doivent pas dépasser les prix de gros : 3,84 centimes TTC par mn d’appel, 1,2 centime par SMS et 9,2€ par Go.

Parmi eux, des opérateurs grand public comme Budget Telecom, Euro Information Telecom (NRJ Mobile, Auchan Télécom, Crédit Mutuel Mobile et CIC Mobile) ou encore Afone (Réglo Mobile, la marque du distributeur Leclerc). Ce dernier a choisi d’en user dès à présent, en appliquant des frais supplémentaires pour les utilisations depuis l’Europe. Tout comme NRJ Mobile, sur certains volets de leurs offres (data sur le forfait Woot 10 Go ou voix sur les forfaits bloqués Be Live).

Pas de cadeau en roaming

Mais chez la majorité des « MVNO », même ceux ayant obtenu une dérogation, pas d’appels, SMS/MMS ou d’Internet surfacturés pour l’instant. Mais pas de cadeaux non plus : ces acteurs s’en tiennent pour l’heure au strict minimum exigé par le nouveau règlement. Et déjà, malgré cette application des textes à la lettre, les « petits » sont moins compétitifs que les grands. Qui tous, à l’exception de Bouygues, sont allés plus loin que ce que demande Bruxelles. Même du côté des marques à bas coût RED et Sosh.

Dans ce contexte, difficile d’appliquer les frais supplémentaires en roaming, même avec la bénédiction du régulateur. Les petits opérateurs risqueraient en effet de perdre encore plus de terrain sur un marché hyper agressif. Sans parler des usages à l’étranger, ils peinent déjà à y proposer des offres compétitives, face à des forfaits embarquant 10 à 20 Go pour une poignée d’euros. Reste que, si l’affaire tourne vinaigre et plombe véritablement leurs comptes, ils pourront toujours compter sur cette bouée de sauvetage pour se maintenir à flot. En attendant que le coût de l’itinérance en gros baisse : il sera divisé par trois d’ici cinq ans.

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