A 11:43 dans Orange

Pierre Jacobs (Orange Ouest) : « Sur la LGV Bretagne, on aura ce qu’on fait de mieux en 4G »

28
JUIN
2017
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Le 13 juillet prochain, Orange lancera simultanément la desserte 4G de trois lignes à grande vitesse : Paris-Rennes, Paris-Tours-Bordeaux et Paris-Lille. Focus sur la LGV Bretagne avec Pierre Jacobs, directeur d’Orange Grand Ouest.

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Sur l’axe Paris-Rennes, l’arrivée de la 4G d'Orange coïncide à quelques jours près avec le lancement de la nouvelle LGV Bretagne. A partir du 2 juillet, cette dernière mettra la capitale à 1h25 de la métropole bretonne.

Pierre Jacobs présente la 4G d'Orange sur la LGVPour se mettre au rythme de la grande vitesse dès cet été, Orange a mené pendant trois ans un chantier d’envergure, marqué par la construction de 59 nouvelles antennes-relais et la mise à niveau de 120 sites existants entre Paris et Rennes. Objectif : permettre à ses abonnés de bénéficier d’une couverture mobile en 4G sans interruption sur l’ensemble du tracé, hors tunnels.

Orange sera ainsi « le seul opérateur à assurer la 4G sans couture sur cette ligne » à compter du 13 juillet, nous assure Pierre Jacobs. Le Directeur d’Orange Grand Ouest (Bretagne-Pays de la Loire) revient pour nous sur l’amélioration du service mobile dont bénéficieront les clients de l'opérateur historique sur cette ligne. Et fait le point sur les prochains chantiers.

Degroupnews : La couverture 4G sera-t-elle performante sur l’ensemble de la ligne Paris-Rennes ?

Pierre Jacobs : Il y a deux choses à savoir, et c’est vrai sur d’autres lignes aussi. D’une part, nous assurons la 4G en dehors des zones de tunnel, donc il y a déjà des conditions qui ne sont pas optimales partout. Ensuite, sur les antennes, si on a les 800 utilisateurs des deux rames de TGV du Paris-Rennes, on n’a pas tout à fait la même qualité de débit que lorsqu’on est seul à utiliser la 4G sur l’ensemble du trajet. Sur les essais, nous avons des débits descendants qui sont de l’ordre de 15 Mb/s. C’est un débit qui est tout à fait satisfaisant, et celui qu’on peut constater dans d’autres conditions sur notre 4G. Ce n’est pas un débit dégradé parce qu’on est dans le TGV.

Ce qu'assure Orange, c’est vraiment le sans couture, donc il n’y a pas de coupure de service, qu’il s’agisse de la voix, des SMS, de télécharger des mails, de regarder une vidéo… Après, suivant le nombre d’utilisateurs qu’on peut avoir, et surtout leur utilisation de data, cela peut, à certains moments, légèrement détériorer la vitesse que l’on peut obtenir. Mais sur la LGV Bretagne, on aura vraiment ce qu’on fait de mieux en 4G.

Degroupnews : Sera-t-il nécessaire de brider les débits pour assurer une bonne qualité de service à tous les clients ?

Pierre Jacobs : Ca n’est pas dans notre ADN. Nous avons adapté nos antennes pour qu’elles puissent supporter le pic d’utilisateurs et donc de l’ensemble des voyageurs, des usagers dans un train. Donc normalement, nous assurons la capacité optimale, malgré le fait qu’un wagon de TGV soit une cage de Faraday, qu’on change d’antenne mobile toutes les 18 secondes… Et aussi qu’on ait un pic d’utilisateurs sur une antenne-relais seulement toutes les 30 mn ou toutes les heures, à chaque passage du TGV. Nous assurons le fait, sans bridage artificiel, qu’on ait un débit qui soit très bon pour tout client Orange qui utiliserait son réseau à l’intérieur du TGV.

Degroupnews : Il est aujourd’hui possible d’apporter une couverture en 4G dans certains métros. Pourquoi n’est-ce pas le cas dans les tunnels sur Paris-Rennes ?

Pierre Jacobs : La couverture des tunnels n’est pas impossible, mais elle nécessite l’installation d’équipements spécifiques à l’intérieur des emprises, et ces opérations techniques doivent se faire en étroite collaboration avec les opérateurs ferroviaires. Dans le cas qui nous concerne, à la sortie de Paris, avec RFF et la SNCF. Ce sont des choses qui arriveront, mais qui n’étaient pas compatibles avec le calendrier que nous avions choisi, qui était d’être prêt au moment où la LGV était inaugurée.

Ce qui est aussi un peu plus compliqué, c’est qu’un métro doit rouler à 40 km/h, alors qu’un TGV roule à 300 à 350 km/h en vitesse commerciale. C’est un projet un petit peu plus ardu que d’autres voies de transport, mais un jour nous couvrirons aussi ces tunnels.

Degroupnews : Y a-t-il d’autres lieux ou axes de transport, comme l’A81 (Le Mans-La Gravelle), qui bénéficient des déploiements réalisés pour couvrir la LGV ?

Pierre Jacobs : Les 59 nouveaux sites ont été déployés, positionnés et paramétrés par Orange pour favoriser et traiter en priorité la couverture et le service des clients du TGV et pas les usagers des autoroutes. Il se peut qu’à certains endroits, nous couvrions mieux d’autres axes de transports, certaines géographies, certains villages, comme Ballée, Fontenay-sur-Vègre ou Chantenay-Villedieu, qui avaient ou une mauvaise couverture, ou pas de couverture 4G. Cela peut donc déboucher sur une amélioration du service dans un rayon de 3 km autour des antennes-relais qu'Orange met en service, même si l’objectif, c’est bien de paramétrer pour les clients qui empruntent le TGV. En revanche, nous avons aussi un plan ambitieux, dans le cadre du plan Essentiel 2020, d’amélioration de la couverture autoroutière, mais c’est un autre chantier.

Degroupnews : Qu’en est-il de la couverture 4G des lignes à grande vitesse Paris-Nantes (précédemment annoncé pour fin 2018), Rennes-Paris et Rennes-Quimper ?

Pierre Jacobs : Nous sommes en train de travailler sur l’amélioration de la couverture sur Paris-Nantes, mais nous sommes encore dans la période de négociation pour l’implantation de nouvelles antennes-relais pour ajouter la 4G. Nous avons aussi un travail de rééquipement et de réajustement des sites déjà présents, comme on l’a fait sur Paris-Le Mans. C’est un travail un peu long, de grande ampleur, mais ça sera certainement, dans le Grand Ouest, le prochain axe qui sera ouvert sans couture.

Sur Rennes-Quimper, nous en sommes au début du lancement d’études, et nous serons aussi probablement obligés d’installer des sites neufs, au-delà du rééquipement de sites existants. Ensuite il y aura la période de négociations et d’implantations. Au-delà d’un certain nombre de tronçons qui sont déjà couverts en 2G et en 3G entre Rennes et Brest ou Quimper, on mettra encore plusieurs années pour déployer une couverture 4G sur ces axes-là. C’est un chantier de longue haleine qu’on réalisera probablement en partie au fil de l’eau, pour améliorer significativement mais progressivement la couverture de ces deux axes.

Degroupnews : La 4G dans le métro rennais avait été annoncée pour mi-2017, mais se voit maintenant reportée. Qu’en est-il des intentions d’Orange sur ce dossier ?

Pierre Jacobs : Nous avons vocation et nous avons envie d’offrir une couverture mobile dans le métro en général et dans le métro rennais en particulier. Notre stratégie globale, dans le cadre du plan Essentiel 2020, c’est de mieux couvrir les axes de transport et donc d’offrir un réseau sans couture à tous nos clients qui sont en nomadisme sur les autoroutes, dans les TGV, mais aussi dans les transports collectifs.

Cela nécessite de rechercher la meilleure solution et technique et financière. Aujourd’hui, les conditions ne sont pas encore réunies pour qu’on apporte, dans un délai court, une couverture 4G aux utilisateurs du métro de Rennes. Donc on est à la recherche des meilleurs conditions possibles, avec tous les acteurs concernés, que ce soit la métropole de Rennes, l’opérateur de transport ou les autres opérateurs télécom, pour arriver, dans de bonnes conditions techniques et financières, à ouvrir ce service mobile 4G à tous les usagers du métro.

Degroupnews : Les échéances sont donc difficiles à préciser ?

Pierre Jacobs : Oui, très difficiles. J’aimerais qu’on aille vite sur la première ligne de métro, et j’aimerais encore plus qu’on soit présent sur les deux lignes de métro à l’horizon de l’ouverture de la deuxième ligne en 2019. Je n’ai pas de calendrier précis, parce qu’aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies… Je ne peux pas annoncer de délai, même si certains se sont risqués à annoncer que « ça y est, ça arrivait ». Je pense juste qu’il faut faire une différence entre la capacité à avoir des infrastructures qui permettent d’accueillir des opérateurs mobiles et l’arrivée d’opérateurs mobiles qui offrent un service mobile à leurs clients. Il y a eu des communications sur la première partie par différentes structures ou collectivités locales, mais il n’y en a pas eu sur la deuxième, parce qu’aujourd’hui, à ma connaissance, il n’y a aucun opérateur mobile qui est prêt à se lancer dans le métro de Rennes.

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