A 12:42 dans Fibre optique, RTTH

A. Darodes (Agence du numérique) : « le 100% THD en 2022 n’est pas remis en cause »

19
JUIL
2017
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A l’occasion de la table ronde sur l’aménagement numérique organisée aujourd’hui au Sénat, le directeur de l’Agence du Numérique a précisé les engagements formulés par Emmanuel Macron.

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Le très bon débit pour tous dès 2020 promis lundi dernier par le Président de la République remet-il en question l’objectif d’une couverture intégrale de la population en Internet très haut débit d’ici 2022 ? Non, a assuré ce matin Antoine Darodes devant la Commission du Sénat à l’aménagement numérique du territoire. Le directeur de l’Agence du Numérique a profité de la table ronde organisée ce jour pour faire de la pédagogie autour des dernières annonces présidentielles.

Objectif intermédiaire

Face aux « inquiétudes » dont le sénateur Hervé Maurey s’est fait l’écho en ouverture de séance, Antoine Darodes a tenu à rassurer : l’objectif 100% THD en 2022 est bel et bien maintenu. L’échéance de fin 2020 pour du « haut-débit ou très haut débit » pour tous promis par Emmanuel Macron lors de la Conférence des territoires doit simplement être envisagée comme un « objectif intermédiaire » dans le cadre d’un « mix progressif » permettant d’aller vers le 100% THD. Il ne s’en agit pas moins d’un « nouveau défi », a concédé le patron de l’Agence du Numérique, établi sur la base d'un diagnostic : « 5 millions de locaux » restent actuellement sous le seuil des 8 Mb/s, soit la limite haute du « bon haut débit ».

Tout est bon à prendre

On comprend au passage que ce recouvre concrètement l'objectif formulé lundi par Emmanuel Macron : apporter à ceux qui n'en bénéficient pas encore ce « bon haut débit » compris entre 3 Mb/s et 8 Mb/s d'ici à fin 2020. Des vitesses somme toute modestes au regard des usages actuels, qui permettent de mieux mesurer le chemin qui reste à parcourir pour le plan France THD. A titre indicatif, la récente étude 4G fixe et satellite réalisée par l'Idate pour le compte du CNES estimait à 4 millions le nombre de locaux disposant d'un débit inférieur ou égal à 3 Mb/s. Et, au rythme actuel du plan France THD, anticipait qu'il en resterait encore 1 million à l'horizon 2022.

Pour y parvenir, il s'agira d’« accélérer les déploiements », en se basant sur toutes les technologies disponibles. La « lame de fond du FTTH » permettra en effet d’absorber une partie de ces 5 millions, mais pas tout, prévient Antoine Darodes. Qui évoque la possibilité de « mieux mobiliser le réseau cuivre », de « mobiliser le satellite », et de s’en remettre à la Boucle locale radio, grâce aux fréquences qu’ouvrira prochainement l’Arcep, et la 4G mobile à usage fixe des opérateurs. Voire à d’« autres solutions » si elles existent. Le chantier qui attend désormais l’Agence est de « flécher précisément ces 5 millions de prises » vers des solutions technologiques identifiées.

Retards en zones AMII

Antoine Darodes entendait également répondre à deux préoccupations du moment : d'abord les retards constatés en zones moyennent denses, où, au vu du rythme de déploiement actuel, le risque est réel de manquer l’objectif de 100% fibre à horizon 2020. Comment garantir que SFR, qui en est à 14% de ses engagements, et Orange, qui en est à 22%, parviendront à tout couvrir en FTTH d’ici trois ans et demi ? Cela peut passer par les conventions de programmation pour suivre les éventuelles carences des opérateurs. Un système qui n’est « pas parfait », mais qui fonctionne, rappelle Antoine Darodes, citant le précédent de la métropole européenne de Lille, qui avait dénoncé son accord avec SFR. Le directeur de l’Agence évoque ainsi la possibilité d’améliorer encore ce dispositif en « réduisant les délais de constat de carence ». Ce qui permettrait de maintenir la pression sur les opérateurs.

Préserver les RIP

La question des délais concerne aussi les Réseaux d’initiative publique (RIP) : des programmes plus lents à enclencher car dépendant de « choix difficiles, notamment budgétaires », convient Antoine Darodes. Tout en rappelant « l’amélioration considérable des conditions des financement privé depuis quelques mois ».  Un attrait qu’il explique simplement : le modèle des Réseaux d’initiative publique est un « édifice stable et équilibré » qui protège l’investissement public comme privé, rappelle-t-il à l’intention d’un SFR qui ne perd pas une occasion d’exprimer sa défiance vis-à-vis des RIP. Sur ce point comme sur le reste, insiste le patron de l’Agence, il sera plus efficace « d’appuyer sur l’accélérateur que de redémarrer » un nouveau dispositif.

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