L’AVICCA conviée elle aussi à la réunion THD ce 13 juillet

Par
13
JUIL
2017
Partager cette actu sur :

Tout comme la FIRIP, l’AVICCA a également été invitée par le Gouvernement ce jeudi 13 juillet au matin, dans le grand cycle des consultations des acteurs du déploiement des réseaux Haut et Très Haut Débit, fixes et mobiles. Interview de Patrick Vuitton, son Délégué Général.

FacebookTwitterGoogle+

AVICCAL'AVICCA est invitée également par le Gouvernement ce 13 juillet au matin, en même temps que la Fédération des Industriels des Réseaux d’initiative Publique. Après une grosse réunion avec les opérateurs vendredi 7 juillet dernier, le Gouvernement a confirmé lundi 10 juillet au soir  son invitation de dernière minute. Patrick Chaize, Président de l’AVICCA et Sénateur de l’Ain s’y rendra.

Alors que l’AVICCA avait organisé fin mai son colloque de printemps, l’Association est bien décidée à plaider sa cause. Elle est directement concernée par ce sujet des accès au Haut et Très Haut Débit sur l’ensemble du territoire.

AVICCA, interview de Patrick Vuitton, Délégué Général :

DegroupNews : Pour l'AVICCA, quels seront les ordres du jour de la réunion de ce jeudi 13 juillet ?

Patrick Vuitton Délégué Général AVICCA

Patrick Vuitton : Nous avons plusieurs sujets à aborder, mais il n’y a pas d’ordre du jour précis. Même s’il y a beaucoup d’agitation autour de ces rendez-vous, dans la réalité, le but pour le Gouvernement est de se faire une opinion précise.

Cette démarche ne sera pas précipitée. Il y a trop d'intérêts divergents et des sujets techniques complexes.

On n’aura pas à la sortie de la réunion de décision ou de communication indiquant qu’il faut faire comme-ci ou comme cela. Les ministres veulent entendre directement de la part des acteurs leurs revendications et suggestions pour trouver une solution convergente. Notamment dans le but d'alimenter un atelier sur ce sujet durant la Conférence territoriale du 17 juillet.

DegroupNews : Plan France THD, zones AMII, déploiement mobile, LTE fixe… quelles seront vos positions sur ces thématiques ?

Patrick Vuitton : Quelque part, les grandes lignes ont déjà été rendues publiques. En particulier lors de l’introduction de Patrick Chaize en mai dernier durant le Colloque AVICCA.

Sur le premier sujet mobile, on veut un changement profond sur l’identification d’une zone couverte. Pour nous ce n’est pas comme pour le Plan France THD, avec une zone d’initiative publique à définir. C’est aux opérateurs télécoms de s’occuper du sujet avec leurs équipements actifs sur l’ensemble du territoire.

Pour une analyse technique, ils sont compétents et ils ont la main. Les leviers seront les licences mobiles. C’est une arme de négociation, avec la fiscalité qui va avec. Il faut troquer des exigences nettement supérieures auprès des opérateurs télécoms contre des aménagements financiers. Et ne pas attendre l’arrivée des nouvelles licences.

On sent une conjonction de planètes entre l’Arcep, la FFT et les Collectivités. Les négociations seront serrées, mais on n’est pas sur des visions totalement orthogonales. Aux Assises du Très Haut Débit organisées par Aromates, Sébastien Soriano a dit quelques mots sur le sujet. Des négociations sont déjà engagées. Cela concerne le Gouvernement mais aussi l’Arcep. Il faut que les deux soient sur la même ligne.

DegroupNews : Et sur le déploiement fixe en Haut et Très Haut Débit ?

Patrick Vuitton : Sur le fixe, Patrick Chaize a réaffirmé qu'il ne s'agit pas de bouleverser le cadre actuel. Ce qui a été acté fonctionne, sur le plan France THD. Les échéances seront respectées, avec 2022 pour la fin du plan. On demandera aussi une autre échéance, celle de 2025, dans l’esprit d’une prolongation du plan avec l’esprit européen du Gigabit pour tous.

On a un tiers des collectivités qui visent déjà le quasi 100% fibre, mais il faut que l’on puisse l’étendre à toutes les collectivités qui veulent faire de même. Déjà pour finir les réseaux FttH en 2019 et 2020 comme par exemple sur l’Oise ou La Loire. L’inquiétude vient plus des zones AMII…

DegroupNews : L’AVICCA est directement concernée par ces zones AMII et RIP… Quelles seront vos demandes sur ces sujets précis ?

Patrick Vuitton : Nous avons une approche pragmatique.

Nous souhaitons que les collectivités et leurs administrés soient couverts en Très Haut Débit au plus vite avec des prises effectivement raccordables. Notre demande concernera par conséquent le respect de l’échéance de 2020. De très gros retards y sont constatés et nous n’avons pas de planning précis de couverture…

Sur les zones RIP, le sujet est plus dans les clous. Il faut bien comprendre que sur les zones des RIP, il faut 3 fois plus de génie civil qu’en zone dense. Donc avec un investissement et un temps de déploiement nettement plus importants. Si pour le moment, la quantité de réalisation fibre est plus faible sur les RIP, la tendance s’inverse. La contractualisation est surtout plus forte, avec des échéances précises et des engagements sanctionnables !

Carte dossier THD

DegroupNews : Comment pourrait s’articuler une réattribution des zones AMII demandée par certains ?

Patrick Vuitton : Sur la Zone RIP, on a aussi des tentatives d’incursions d’opérateurs privés (NDLR : SFR), alors qu’ils n’ont pas fini leur déploiement sur les zones AMII. S’ils avaient au moins respecté leur calendrier de déploiement… Mais on en est très, très loin. On prend cela plus comme des tentatives de déstabilisations !

Par exemple, sur la Métropole de Lille, l’opérateur privé n’arrivait pas tenir ses engagements. Le contrat a été cassé avec une renégociation. Ce sont Orange et Covage qui ont été désignés pour rattraper le coup. Il pourrait être question de renégociations localisées du même genre sur certaines zones AMII, trop en retard. Si certains opérateurs peuvent apporter plus de garanties qu’Orange et SFR (meilleurs délais, aller en priorité sur les zones d’activités…), tant mieux, cela met de la pression sur les opérateurs privés.

DegroupNews : Et pour la LTE fixe, quelle sera votre position ?

 Patrick Vuitton : Nous parlons bien ici de LTE fixe, et pas de 4G mobile à usage fixe. Cette solution hertzienne peut-être à étudier sur certaines régions. Mais sur les RIP où les réseaux fibre seront fini pour 2020/2022, faire appel à ce genre de technologie n’est pas judicieux.

Par contre, le sujet est à étudier sur des collectivités en retard. Ou avec un territoire à la topographie complexe, plus favorable aux solutions radios. De même, les collectivités ayant déjà déployé des réseaux WiMax/WiFiMax, sont plus légitimes à transformer ces réseaux en LTE fixe… Ce ne sera pas notre thème prioritaire, mais il fait partie de l’ensemble du sujet.

Infos : L'Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel regroupe 27 villes, 83 intercommunalités et syndicats de communes, 107 structures départementales et 21 régionales, représentant 66 000 000 d’habitants.

FacebookTwitterGoogle+

Articles en relation

comments powered by Disqus