A 16:05 dans Fibre optique

Edouard Philippe : du très haut débit « partout en France » dans cinq ans

5
JUIL
2017
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A l’occasion de son discours de politique générale, le Premier ministre a réaffirmé la promesse de campagne du candidat Macron : le 100% THD d’ici à 2022. Oui mais comment ?

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L’effervescence gagne le secteur des télécoms en ce début d’été, alors que pouvoir publics, collectivités et industriels rivalisent de déclarations sur la couverture de l’Hexagone en fibre, et plus généralement en très haut débit. Confronté à la nécessité de résorber d’urgence la fracture numérique tout en ménageant les intérêts économiques des opérateurs, l’exécutif entend bien reprendre la main sur ce dossier crucial.

Combler le fossé numérique

Le Président de la République avait annoncé la couleur pendant sa campagne, le Premier ministre l’a réaffirmé hier devant les députés. Le gouvernement entend œuvrer pour garantir « un accès au très haut débit au plus tard d'ici 2022 partout en France », a ainsi affirmé Edouard Philippe. Et d’attirer l’attention sur le sort de ces « Français qui n’ont pas de GPS. Pas de box connectée. Dont le téléphone sert à téléphoner et c’est tout », de ces « citoyens qui sont broyés et ignorés par ce monde technique ».

Il y a donc urgence à combler le fossé, « social et parfois géographique » qu’est en train de creuser l’inégalité d’accès au très haut débit sur le territoire. Le Plan France THD enclenché en 2013 sous la présidence Hollande ne visait pas autre chose, et ce ne sont d’ailleurs rien d’autre que ses objectifs qu’Emmanuel Macron et Edouard Philippe ont rappelé ces derniers jours. L’enjeu est surtout d’accélérer pour rattraper les retards de déploiement de la fibre optique, qui menacent de priver une partie des Français de très haut débit pendant quelques années supplémentaires.

Fibre en zones AMII : remise en ordre

Retards en zone moyennement dense ou AMII, d’abord, où les grands opérateurs perdent du temps à jouer des coudes pour renégocier le partage confiant 90% des déploiements à Orange et 10% à SFR. Pour remettre de l’ordre dans la maison et obtenir des « engagements clairs » des opérateurs, ceux-ci sont conviés à réunion interministérielle vendredi sous l’égide du ministre de la cohésion des territoires Jacques Mézard. L’Arcep devrait également officialiser incessamment sa position sur le sujet, son président Sébastien Soriano ayant indiqué aujourd'hui n’être pas défavorable à une « rerépartition » des attributions en zone AMII. A condition, bien sûr, que cela se traduise par une accélération du déploiement de la fibre.

THD en zones rurales : le grand flou

Retards en zone rurale, ensuite. Où malgré toute leur bonne volonté, les réseaux d’initiative publique chargés d’apporter le très haut débit à l’ensemble des habitants ne pourront raccorder tout le monde en fibre. Et où ceux qui pourront en bénéficier devront parfois patienter 10 ans avant d’être raccordés en FTTH. Inenvisageable pour les collectivités, confrontées au ras-le-bol quotidien d’administrés abonnés à des connexions Internet faméliques. Un contexte qui alimente le débat sur le rôle que seront amenées à jouer les technologies hertziennes, 4G fixe en tête, conformément au souhait du président Macron, et sur leur financement.

L'urgence et le long terme

Cette 4G dédiée au fixe (à ne pas confondre avec celle des box 4G de Bouygues ou Orange) va pouvoir commencer à se déployer sur certains territoires d’ici à la fin de l’année, grâce à l’attribution de fréquences par l’Arcep à partir de septembre prochain. Une solution d’attente dont les défenseurs mettent en avant la rapidité de déploiement pour répondre aux besoins les plus urgents. Mais qui pourrait devenir pérenne pour les habitations les plus reculées et les plus compliquées à desservir en fibre. Entre les deux, reste à savoir où placer le curseur pour que la réponse à l’urgence des 5 à 10 prochaines années n’affaiblisse pas les engagements de long terme en faveur d’un déploiement maximal de la fibre en zone rurale.

« Un soutien de l’Etat vis-à-vis de ces technologies dans le cadre d’une réactualisation du Plan France THD apparaît maintenant nécessaire », peut-on en tout cas lire en conclusion de l’étude Idate/CNES « 4G fixe et satellite : des solutions pour le THD en milieu rural » présentée hier à Paris lors du colloque de la FiRIP. Une question sur laquelle se penchera sans doute la Conférence nationale des territoires, annoncée pour mi-juillet. Avec, en ligne de mire un « Pacte » entre Etat et collectivités qui doit permettre d’accompagner ces dernières dans la transition numérique, a affirmé hier Edouard Philippe.

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