A 11:26 dans Fibre optique

Très haut débit : pour du 100% fibre en 2025, un dernier effort demandé à l’Etat

22
MAI
2019
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Jugeant le plan France THD sur de bons rails, industriels et collectivités ont plaidé pour un effort supplémentaire de l’Etat à l’occasion du colloque TRIP Avicca de printemps.

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Déploiement de la fibre optiqueLa fibre pour 80% des locaux français à fin 2022 ?  A trois ans et demi de l'échéance, la marche définie par le plan France THD paraît toujours haute, convenaient aujourd'hui les participants au TRIP de l'Avicca, l'association des collectivités pour le numérique. Encore plus optimiste qu'en septembre dernier, la fédération d'industriels InfraNum est toutefois convaincue qu'elle sera franchie.

Etienne Dugas, son président, l'a martelé : on peut dire "avec certitude" que la couverture de 80% des locaux français en fibre optique sera atteint, et probablement dépassée. Ce moyennant une montée en puissance qui doit permettre de produire 4 à 4,5 millions de lignes FttH cette année et les deux suivantes, contre 3,2 millions en 2018.

Observatoire THD : Déploiement fibre optique jusqu'en 2022

Source : Observatoire du THD, mai 2019

100% fibre en 2025 : appel à l'Etat

A fin 2022, la fibre optique serait ainsi déployée sur 30,7 millions de locaux, selon les projections de l'Observatoire du THD présenté aujourd'hui. Mieux : l'étude d'InfraNum, à laquelle l'Avicca a pour la première fois apporté son concours, laisse même entrevoir la possibilité d'un déploiement de la fibre sur 100% des locaux français à horizon 2025. Un jalon sur lequel lequel le gouvernement souffle depuis des mois le chaud et le froid, et sur lequel industriels et collectivités l'invitent à s'engager en rouvrant les vannes du financement via le guichet France THD.

Financement des RIP après 2022

Pour parvenir à cette complétude, calcule l'observatoire, ne reste plus qu'à financer 3 millions de lignes FttH en zone peu dense (dont un tiers sur le seul RIP Mégalis en Bretagne !). Chiffré à 5,7 milliards d'euros au total, raccordements longs compris, le restant à financer en zone peu dense nécessiterait un engagement supplémentaire de "seulement" 800 millions d'euros de la part de l'Etat aux côtés des collectivités porteuses de projet, fait ainsi valoir InfraNum. Un montant légèrement supérieur à la dernière projection livrée par l'Agence du Numérique (700 millions). Mais presque deux fois moins élevé que l'estimation livrée par le gouvernement il y a deux ans.

Exit les AMEL, place aux RIP

Si plusieurs ministres conviennent de la nécessité de rouvrir le guichet, la question du quand reste en suspens. Relancé sur le sujet par le sénateur Patrick Chaize, président de l'Avicca, après la déconvenue de l'automne dernier, Julien Denormandie n'a toutefois concédé que deux informations. Le ministre de la Ville et du Logement a annoncé, d'une part, la clôture définitive au 15 juin des discussions dans le cadre de la procédure AMEL, qui visait à encourager l'intervention privée en zone publique pour y alléger le reste à faire - et à financer. Et éventuellement y accélérer les déploiements, bien que la fermeture du ban avec un an de retard laisse perplexe sur cette partie de l'objectif.

La clôture de l'épisode AMEL, tant attendue par les collectivités, devrait donc remettre en selle les projets de réseaux d'initiative publique. Mais pour obtenir les dernières subventions d'Etat nécessaires, les collectivités devront encore attendre : la réouverture du guichet proprement dite n'interviendra qu'après une évaluation des projets restant à financer, qui doit être achevée "après l'été", a indiqué le ministre. Celle-ci déterminera probablement l'enveloppe proposée dans le cadre des discussions sur le budget 2020, qui se tiendront dans la foulée.

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