Sébastien Soriano, Président de l’Arcep, interview sur BFM Business

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20
NOV
2017
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Au cours d’une interview donnée sur BFM Buniness la semaine dernière, Sébastien Soriano a fait un point sur plusieurs sujets autour du numérique. Notamment sur la pression mise sur les opérateurs télécoms pour qu’ils investissent plus sur les déploiements des réseaux THD mobiles en France.

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BFM Business et Sébastien SorianoSébastien Soriano, Président de l'Autorité de Régulation des Télécoms est intervenu jeudi soir 16 novembre dans les Décodeurs de l'Eco sur BFM Business.

Il a refait le point sur la position de l'Arcep sur plusieurs sujets abordés ces dernières semaines. En particulier la couverture et les déploiements mobiles.

Avec un premier bilan sur l'outil de signalement de problèmes mis en ligne il y a quelques semaines.

J'alerte l'Arcep a créé selon Sébastien Soriano " un appel d'air ", à défaut de secouer vraiment le cocotier.

Là où auparavant l'Arcep recevait 7 500 plaintes sur une année, en un mois, ce chiffre est grimpé à 10 000. Et encore, la service a été assez peu médiatisé et le rythme de croisière n'est pas encore atteint…

Comme l'indiquait Sébastien Soriano :

" Cet outil remonte un certain nombre de problèmes du quotidien, de galères que rencontrent les français avec leurs téléphones ".

Les principaux problèmes sont :

  • les coupures de réseaux, fixes et mobiles
  • les galères de facturation, avec par exemple, une option qui apparaît en bas de la facture sans qu'elle soit demandée…
  • problèmes de résiliation et de portabilité de numéro

Les gens qui avant pouvait accepter une petite défaillance ou la perte de connexion au réseau mobile, trouvent désormais cela insupportable.

Faire du consommateur un acteur de la régulation

Sébastien Soriano explique aussi que l'Arcep a mené une enquête sur les attentes des français en matière d'information mobile.

Ainsi, sur certains sujets, comme les prix, les français se considèrent être bien informés. Tout comme sur des sujets moins importants, les options ou services inclus, pour lesquels ils s'en fichent un peu.

Par contre, il y a un sujet crucial sur lequel le consommateur est mal informé : la couverture mobile. D'où le lancement notamment de MonReseauMobile.fr. Avec ces cartes, l'idée de l'Arcep est de permettre à chacun de comparer et de choisir en connaissance de cause le meilleur réseau selon ses besoins. Tout en mettant la pression sur les opérateurs.

Déjà durant l'IDATE DigiWorld Summit il avait déclaré :

" Il n'existe pas un meilleur opérateur pour l'ensemble du territoire français. Choisissez votre meilleur opérateur en utilisant les cartes de couvertures mobiles de l'@Arcep "

L'idée de l'Arcep est ainsi de booster le churn vers les meilleurs réseaux mobiles. Ceci afin de favoriser les opérateurs qui ont le plus investi pour améliorer leurs réseaux mobiles.

En complément, avec des applications de monitoring des réseaux mobiles (nPerf, Qosbee, 4GMark...) utilisées par les mobinautes, il est possible d'affiner l'information de couverture réelle. Notamment pour découvrir que le meilleur réseau mobile n'est pas obligatoirement celui chez lequel l'abonné est engagé actuellement.

Le renouvellement des licence mobiles : l'épée de Damoclès 4G et 5G

Autre sujet abordé Sébastien Soriano, les renouvellements de certaines fréquences mobiles qui arrivent à échéance. Une opportunité pour sécuriser de la part des opérateurs, des engagements contraignants d'investissements selon l'Arcep.

Le Président de l'Autorité qualifie notre retard de couverture mobile de structurel. Il vient du fait notamment du système d'enchères pour acquérir jusqu'ici ces licences.

Si cela a permis sur le court terme de récupérer pour les différents gouvernements de juteuses redevances sur les fréquences, en contrepartie, les objectifs de couverture et de déploiements ont été très largement sous évalués.

Au-delà de manier la carotte et du bâton, Sébastien Soriona parle ici plutôt de ne pas refaire la même erreur. Ne pas vouloir à la fois le beurre et d'argent du beurre.

Dans les négociations actuelles avec les opérateurs et les collectivités, pour Sébastien Soriano, il s'agit de savoir si on est prêt à faire face à un choix :

" On prend l'opportunité, cette fois, non pas de vouloir absolument avoir le maximum d'argent de la part des opérateurs, mais de demander un gros effort, avec des milliers de nouveaux sites pour réellement densifier la couverture mobile ".

Bref, pour Sébastien Soriano, la question est de savoir si l'Etat veut profiter de cette espèce de situation de dépendance des opérateurs pour juste faire une opération financière ou pour réaliser une opération d'aménagement du territoire.

La France, 65ème pays sur 77 pour la 4G !

Certains pays nordiques, qui ont fait ce choix il y a une quinzaine d'années, sont aujourd'hui leaders en Europe.La France est elle 24ème sur 28 sur la couverture 4G en Europe !

Pour le Président de l'Arcep :

" notre situation est dramatique ! "

Et c'est même pire selon l'étude Open Signal publiée en début de mois. Sur 77 pays répertoriés, la France est 65ème, derrière l'Italie, la Turquie ou l'Iran !

Alors, même si les opérateurs télécoms français vont moins mal, ils sont encore fragiles selon Sébastien Soriano. Pourtant, ils font des efforts d'investissements sur les déploiements des réseaux.

De 7 milliards d'euros d'investissement jusqu'en 2014, ils sont passés à 8 milliards en 2015, 9 milliards en 2016 (+14%). Et ils continuent à augmenter la cadence...

L'Arcep rappelle cependant qu'il s'agit d'augmenter la couverture, mais aussi la qualité et les débits. Le gendarme des télécoms est confiant dans le fait d'arriver à proposer au gouvernement une solution équilibrée. Pour Sébastien Soriano, il est hors de question de faire des cadeaux aux opérateurs ou de baisser certaines redevances.

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