A 16:45 dans Opérateurs, Opérateurs

Guerre des forfaits mobiles : où vont Free, SFR et Bouygues ?

24
MAR
2017
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Rarement les opérateurs se seront livrés à une telle passe d’armes. A coup de roaming inclus, de data illimitée, de petits prix et de ventes privées, le marché des forfaits mobiles a connu un profond bouleversement.

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L’aiguillon Free pique encore

Une fois de plus, l’estocade a d’abord été portée par Iliad, avec l’arrivée le 8 mars de l’itinérance sans surcoût sur son forfait à 19,99€. Un bonus opportuniste - le roaming sans frais en Europe sera obligatoire dans 3 mois - qui avait déçu Freenautes et observateurs, aguichés par un teasing savamment orchestré.

  Free Mobile : 4G illimitée pour les abonnés Freebox

Rétrospectivement, avec l’arrivée impromptue, une semaine plus tard de l’Internet mobile illimité que tout le monde attendait, on peut se demander quelle était la stratégie de Free dans cette séquence.

SFR : la surenchère

Etait-ce pour faire sortir du bois ses concurrents, en particulier SFR, qui n’a pas tarder à dégainer plusieurs offres (RED 15 Go 100% roaming et RED 100 Go) ? Avec l’idée pour Xavier Niel de mieux les surclasser ensuite grâce à un deuxième effet « data illimitée » (pour les abonnés Freebox) ?

Car une fois cette arme nucléaire sortie, la concurrence ne pourra plus se contenter de « petites » promos sur des forfaits à 10 ou 20 Go sous peine de ringardisation. D'où l’irruption, ce jour, de la data illimitée sur la gamme SFR. Réservée, comme chez son concurrent, aux clients mobile disposant d’un abonnement Internet. Ou comment faire du mobile un levier de recrutement sur le fixe.

Data illimitée avec les offres SFR Family Bouygues à la peine ?

Il a bien tenté de participer au duel mais semble avoir du mal à suivre le rythme. Face à ses rivaux, Bouygues Telecom n’a riposté qu’en réactivant sa série limitée B& You 50 Go à 10€/mois. Le tout valable seulement un an, avant de repasser à 20 Go pour 24,99€/mois.

Et rebelote aujourd’hui : alors que Free enfonce le clou avec une vente privée plaçant son forfait 100 Go à 2,99€/mois, Bouygues, n’est pas allé plus loin que 20 Go pour le même tarif. Serait-il aux limites de ce qu’il peut proposer en matière d’offres agressives ?

Préserver la rentabilité

On peut en douter. Au regard de la consommation moyenne de data en 4G, qui culmine à 4,2 Go par client par mois chez Bouygues, déployer de telles offres ne lui coûterait pas vraiment en termes d’usages réels. En réalité, l’opérateur n’a pas vraiment intérêt à s’engager plus avant dans la bataille de la data, car, et il ne s’en cache pas, son modèle économique repose en partie sur les recharges d’Internet mobile, destinées aux clients ayant épuisé l’intégralité de leur enveloppe.

Suivre Free et SFR sur l’illimité aurait donc forcément un impact sur son ARPU mobile (revenu moyen par utilisateur), fragilement installé aux alentours des 23€ depuis deux ans, et entamerait sa rentabilité. Pas l’idéal au moment où l’on reparle consolidation…

Quantité vs qualité

Xavier Niel se place quant à lui en position de force, en créant un marché où l’Internet mobile illimité devient la norme, qui met à mal le modèle de Bouygues. Où l’on misait plus sur la fiabilité que sur le volume pour séduire les chalands « prêts à payer plus cher pour quelque chose qui fonctionne tout le temps », selon son patron Olivier Broussat.

Le réseau, argument-massue, auquel Free et SFR ne manquent pas de répondre en soulignant les progrès de leur desserte en 4G (80% et 81% respectivement contre 85% chez Bouygues). Car c'est la condition sine qua non pour proposer des forfaits gonflés en gigas. Paradoxe : au carrefour de ces stratégies, voici justement une guerre des prix et du marketing difficilement conciliable avec cette cruciale amélioration du réseau.

"Choc de transparence"

Et l’on reparle d’une hypothétique consolidation du secteur à trois opérateurs, que d’aucuns jugent nécessaire pour stabiliser les finances des opérateurs et leur permettre de supporter les coûts liés aux infrastructures. En attendant, l’Arcep a décidé de hausser le ton, et veut « provoquer un choc de transparence ».

Arcep : application couverture mobile

Son arme ? Une nouvelle application, monreseaumobile.fr, qui entend mesurer la couverture effective du territoire par les différents opérateurs. Son objectif ? « Réorienter la concurrence » pour que celle-ci ne porte plus uniquement « sur les prix mais aussi sur les performances des réseaux ». Reste que cet outil n’en est qu’à sa phase expérimentale sur une région (Nouvelle-Aquitaine), et sur le seul volet voix/SMS. Les étiquettes auront encore le temps de valser…

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