C'est le constat de l'étude Opensignal sur la 5G Standalone in Europe, publiée le 18 juin 2026 et fondée sur des mesures terrain réalisées du 1ᵉʳ janvier au 31 mars 2026 dans 29 pays. Derrière l'icône 5G de votre écran se cachent en réalité deux technologies très différentes, et une seule tient réellement ses promesses.
5G, 5G+ : ce que l'icône de votre écran ne vous dit pas
Quand votre téléphone affiche 5G, il est presque toujours connecté en 5G NSA (Non-Standalone) : il capte un signal sur des fréquences 5G. Mais ce mêmesignal utilise un cœur de réseau en 4G. C'est la 5G déployée partout depuis 2020. Elle accélère le débit, mais pas de manière significative, sauf si vous êtes couvert par de la 5G dans les 3,5 GHz. Et pour le reste, elle estbridée par la 4G. C'est en quelque sorte une 5G au au rabais.
La 5G SA (Standalone), commercialisée sous le nom 5G+ par les opérateurs, tourne elle sur un cœur de réseau 100 % 5G. C'est elle qui débloque les vraies nouveautés :
- latence plus basse (le temps de réaction du réseau, en millisecondes)
- appels 5G 5G ou VoNR
- meilleure efficacité du spectre
- découpage du réseau en tranches dédiées.
Le hic : rien sur votre écran ne distingue la 5G NSA de la 5G SA. Pour savoir ce que vaut vraiment la 5G de votre forfait, mieux vaut s'appuyer sur des mesures que sur le logoqui s'affiche sur votre smartphone.
Free, seul Français dans le peloton européen
Maintenant que les présentations sont faites, revenons-en à l'étude Opensignal. Elle mesure le temps passé en 5G SA, c'est-à-dire la part du temps où un mobile 5G est réellement connecté en Standalone, pas le temps passé avec la petite icône 5G affichée. L'institut ne retient comme que les réseaux dépassant 4 % de ce temps. Sur les quatre opérateurs français, un seul franchit la barre : Free Mobile !
| Opérateur | Temps passé en 5G SA | Ouverture grand public |
|---|---|---|
| Free Mobile | 14,1 % | septembre 2024 |
| Bouygues Telecom | 0,7 % | juin 2025 |
| SFR | 0,5 % | octobre 2025 |
| Orange | 0,5 % | mars 2025 |
Free, premier réseau à avoir lancé la 5G SA à l'échelle nationale en France, se classe 5ᵉ d'Europe sur cet indicateur. Devant lui, le trio de tête des opérateurs écrase la concurrence : 3 (Autriche) à 37,1 %, Sunrise (Suisse) à 36,7 % et Movistar (Espagne) à 35,4 %.
Au niveau européen, la moyenne est de 1,8%. Avec 4,3 %, la France fait donc bien mieux, mais ce chiffre flatteur tient entièrement à Free : sans lui, la France figurerait en queue de peloton.
Lancée en septembre 2024 et incluse par défaut dans ses offres mobiles 5G, à savoir la Série Free, le forfait Free 5G+ et le forfait Free Max, la 5G+ de Free place l'opérateur dans le groupe des cinq opérateurs européens à avoir activé la 5G SA sans surcoût ni option à cocher. Un choix qui explique pourquoi les abonnés Free Mobile passent un temps relativement élevé en étant connectés à cette technologie.
Latence, qualité de service : ce que la 5G+ de Free change vraiment
Là où Free impressionne, c'est sur l'expérience mesurée. Sa 5G+ décroche la meilleure qualité constante d'Europe, à savoir la part de tests atteignant les seuils requis par les usages courants. Elle est de 94%, avec en prime la plus forte progression de tous les réseaux étudiés (+5,7 points par rapport à sa propre 5G NSA).
Free signe également la plus forte baisse de latence de toute l'étude : 25,7 ms en 5G SA, soit -32,4 % face à sa 5G NSA.
Concrètement, c'est ce qui rend une partie de jeu en ligne, une visio ou une appli dans le cloud plus réactives.
Côté débit descendant, sa 5G+ atteint 199,7 Mb/s (+26,7 %), une 5ᵉ place honorable. Le gain est cohérent avec la tendance européenne : sur les 11 réseaux déployés à l'échelle, la 5G SA apporte en moyenne +18 % de débit et -17 % de latence par rapport à la NSA.
Et vous, quel est votre débit avec la 5G+ ?
Pourquoi vous n'en profitez pas (encore) partout
Si la 5G+ de Free brille en qualité, elle reste rare dans le temps de connexion réel. L'explication est technique. Sur la période mesurée, la 5G SA française reposait à 100 % sur la bande 3,5 GHz (n78), sans ancrage en bande basse, un cas unique en Europe : ailleurs, les marchés panachent une fréquence basse (700 ou 900 MHz) sous le 3,5 GHz pour étendre la portée.
Ce choix donne d'excellents débits là où la couverture existe, surtout en zone dense, mais la 5G dans les 3,5 GHz n'a pas une bonne portée et pénètre mal les bâtiments. La 5G+ reste donc largement urbaine, ce qui plafonne le temps réellement passé dessus.
Et puis il y a le contexte, qui n'aide pas : la disponibilité 5G française, de 73,9%, reste sous la moyenne européenne, qui est 78,7 %. La France ne pointe qu'au 21ème rang sur 29 dans l'indice de performance réseau d'Opensignal.
Bonne nouvelle toutefois : dans son communiqué du 18 juin 2026, Free annonce étendre sa 5G+ aux bandes 2 100 MHz et 700 MHz, en cours de déploiement. Ces fréquences plus basses portent plus loin et traversent mieux les murs, de quoi sortir peu à peu la 5G+ des grandes agglomérations.
Faut-il changer d'opérateur pour la 5G+ ?
La réponse dépend de votre usage. Elle convient parfaitement aux joueurs, adeptes de visio ou de cloud, en ville. C'est le profil qui gagne le plus. La latence en nette baisse de la 5G+ de Free se ressent sur les usages temps réel. Et pourquoi pas aux gros consommateurs de data.
En revanche, si vous habitez dans une zone peu dense ou rurale, ne changez pas de forfait pour la seule 5G+. Le 3,5 GHz couvre surtout les villes.
Ce qu'il faut retenir
La 5G+ française, c'est aujourd'hui l'histoire d'un seul opérateur : Free tient la promesse technique de la 5G Standalone quand Orange, SFR et Bouygues restent au stade des annonces. Mais le bénéfice se concentre en ville et sur les usages réactifs. Le retard des trois autres devrait se combler en 2026, à mesure que la 5G SA descend vers les bandes basses.