Microsoft arrive en tête, Roblox crée la surprise
Microsoft, Roblox, Google et Netflix ont un point commun : des millions d'internautes utilisent ou connaissent leurs services. C'est précisément ce qui en fait de bons appâts.
Selon les données publiées par NordVPN pour le premier semestre 2026, Microsoft représente 16,12 % des tentatives de phishing recensées dans son classement. Roblox suit avec 12,32 %, devant Google à 9,94 % et Netflix à 5,99 %.
À elles seules, ces quatre marques concentrent 44,37 % des tentatives observées. Au cours des six premiers mois de l'année, NordVPN annonce avoir bloqué plus de 4,4 millions de tentatives de phishing grâce à ses outils de protection intégrés à son VPN notamment.
La deuxième place de Roblox est la plus inattendue. NordVPN l'explique notamment par l'intérêt des cybercriminels pour son jeune public, mais aussi par la possibilité de dérober des comptes ou de la monnaie virtuelle.
Microsoft et Google présentent un autre intérêt pour les escrocs. Récupérer les identifiants d'un compte peut parfois donner accès à des emails, des documents ou à des procédures de récupération de mots de passe utilisées sur d'autres services.
NordVPN affirme également que 99 % des tentatives de phishing observées usurpent seulement 300 marques. Le chiffre impressionne, mais il n'est pas nouveau : l'entreprise avançait déjà exactement la même proportion en juin 2024. Le rapport 2026 permet surtout de voir quelles marques arrivent aujourd'hui en tête de son échantillon.
À retenir
Ces pourcentages ne décrivent pas l'ensemble du phishing mondial. Ils reposent notamment sur les appareils utilisant les protections de NordVPN, complétés par des flux externes de renseignement sur les menaces. L'entreprise dit avoir analysé plus de deux milliards d'URL uniques au premier semestre 2026.
Un message devient bien plus crédible quand l'escroc connaît déjà votre nom
Le logo d'une grande marque n'est qu'une partie du piège. Les données personnelles récupérées lors de précédentes fuites peuvent rendre l'arnaque bien plus convaincante.
En 90 jours, les outils de surveillance du dark web de NordVPN indiquent avoir identifié 8,4 millions de comptes compromis. Parmi les informations retrouvées :
- les adresses physiques représentent 24 % ;
- les noms complets 23 % ;
- les données provenant des réseaux sociaux 10 % ;
- les mots de passe 9 %.
Un faux message Microsoft ou Netflix peut alors reprendre votre vrai nom, votre adresse ou une information provenant d'un ancien compte compromis. Il ne ressemble plus forcément au phishing grossier envoyé au hasard à des millions de personnes.
La CNIL alerte justement sur ce risque : après une fuite de données, un email ou un SMS frauduleux peut gagner en crédibilité en réutilisant des informations authentiques sur sa victime. Cybermalveillance.gouv.fr constate de son côté que certains emails de phishing ressemblent désormais fortement aux messages légitimes.
L'intelligence artificielle facilite encore cette évolution. Selon NordVPN, les outils génératifs permettent de produire plus rapidement des textes, des scénarios ou des voix crédibles, avec moins de compétences techniques.
Cela ne signifie pas que chaque tentative de phishing est créée par une IA. Mais un indice autrefois assez parlant perd de sa valeur : un message bien écrit, sans faute et parfaitement présenté n'est plus forcément rassurant.
En France, le phénomène est loin d'être marginal. Dans son bilan publié en juin 2026, Cybermalveillance.gouv.fr indique que l'hameçonnage représentait en 2025 un tiers de ses demandes d'assistance, tous publics confondus.
Le logo est bon, votre nom aussi ? Vérifiez ailleurs
Face à un message inhabituel, mieux vaut ne rien vérifier depuis le message lui-même.
Votre compte Microsoft serait bloqué ? Évitez le bouton contenu dans l'email et ouvrez directement le site ou l'application Microsoft. Netflix vous réclame un paiement ? Lancez vous-même Netflix. Même réflexe pour Google, une banque, un opérateur ou une administration.
La CNIL recommande de saisir directement l'adresse du service officiel dans son navigateur plutôt que d'utiliser un lien reçu par email ou SMS. Cybermalveillance.gouv.fr conseille également de contrôler attentivement l'adresse vers laquelle pointe un lien : un seul caractère peut séparer le vrai domaine de sa copie.
Un message qui connaît votre nom n'est pas forcément authentique non plus. Une information exacte peut provenir d'une ancienne fuite de données et servir ensuite à rendre une fausse histoire beaucoup plus crédible. La question à se poser n'est donc plus seulement : "Est-ce que cet email a l'air vrai ?". Il faut aussi vérifier si la demande existe lorsque vous ouvrez vous-même le service concerné.