Univity réussit la 5G depuis l'espace, mais votre smartphone devra encore attendre

Par La Rédaction DegroupTest publié le 10/09/2026 à 12h44

Ajoutez-nous à vos favoris

Recevoir la 5G directement depuis un satellite avec son téléphone, y compris au beau milieu d'une zone blanche : c'est l'objectif affiché par Univity. Mais la start-up française n'en est pas encore là. La démonstration annoncée le 9 septembre est une vraie avancée technique, avec une nuance importante : aucun smartphone n'a été utilisé.

Équipe d'Univity dans une salle de contrôle, devant des écrans affichant une connexion 5G NTN par satellite

Une connexion 5G depuis l'espace, oui. Vers un smartphone, pas encore

L'annonce est spectaculaire en elle-même. Le 9 septembre, Univity a indiqué avoir réussi avec son démonstrateur uniSpark une connexion 5G NTN bidirectionnelle entre un terminal installé au sol et une station de base 5G embarquée sur un satellite. La charge utile utilisée pour l'expérience avait été mise en orbite en juin 2025.

Selon Univity, cette démonstration constitue une première mondiale par la combinaison de trois technologies : un traitement 5G dit "régénératif" directement à bord du satellite, l'utilisation de fréquences millimétriques et un fonctionnement en TDD. La qualification de "première mondiale" reste toutefois celle de l'entreprise.

Réalisés avec le CNES, les essais ont permis au terminal terrestre de se synchroniser avec uniSpark, puis de s'enregistrer comme un terminal 5G sur son réseau, lui-même relié à un coeur de réseau 5G standard.

Sauf que ce terminal n'était pas un smartphone. Il s'agissait d'un équipement dédié. Le CNES avait d'ailleurs présenté en amont une antenne installée à Toulouse comme une sorte de prototype du futur terminal utilisateur uniBox.

Univity n'affirme donc pas avoir réalisé une connexion Direct-to-Cell avec un téléphone du commerce. Cette étape figure bien dans sa feuille de route, mais elle doit intervenir plus tard.

Le véritable exploit est ailleurs : faire fonctionner la 5G en 26 GHz depuis l'orbite

La portée technique d'uniSpark tient surtout à l'architecture testée.

Univity cherche à transposer dans l'espace des technologies proches de celles utilisées par les réseaux mobiles terrestres. Le TDD, ou Time Division Duplexing, permet d'exploiter une même bande de fréquences alternativement pour l'émission et la réception.

Sur un réseau terrestre, le principe est bien connu. Avec une station de base qui se déplace à grande vitesse en orbite basse, l'exercice se complique. Il faut notamment compenser les effets liés au déplacement du satellite, dont le décalage Doppler, tout en maintenant une synchronisation extrêmement précise.

Univity indique avoir réussi cette liaison dans la bande des 26 GHz, c'est-à-dire dans les fréquences millimétriques.

Le choix n'a rien d'anecdotique. En France, la bande 26 GHz est identifiée depuis plusieurs années comme une bande potentielle pour la 5G, mais elle n'est toujours pas exploitée commercialement par Orange, SFR, Bouygues Telecom ou Free comme le sont les fréquences 700 MHz, 2,1 GHz, 3,5 GHz ou d'autres bandes déjà utilisées pour leurs réseaux mobiles.

L'Arcep continue notamment d'autoriser des expérimentations dans cette partie du spectre.

Une autorisation accordée à Univity en juillet 2025 mentionnait ainsi des essais dans les bandes 24,25-24,45 GHz, 26,60-26,80 GHz et 27,20-27,40 GHz, avec des terminaux utilisateurs, des passerelles et un système satellitaire non géostationnaire.

Les informations publiques s'arrêtent là : Univity n'indique pas quelle sous-bande exacte a été utilisée pendant la liaison annoncée le 9 septembre.

Même prudence avec les performances. Aucun débit mesuré ni aucune latence obtenue pendant cette démonstration n'ont été publiés. On sait que le terminal a réussi à communiquer avec la station de base 5G en orbite et à s'enregistrer sur le réseau. Mais impossible, pour l'instant, de savoir ce que cette liaison donnerait en Mb/s ni quel délai elle offrirait à un utilisateur.

Parler déjà d'une connexion équivalente à celle dont pourrait profiter un abonné mobile serait donc prématuré.

À retenir

Univity a démontré qu'une liaison 5G NTN en 26 GHz pouvait fonctionner entre un terminal terrestre dédié et une station de base embarquée sur un satellite. En revanche, l'entreprise n'a pas encore démontré une connexion directe avec un smartphone et n'a publié ni débit ni latence mesurés pendant l'expérience.

Du terminal de test au smartphone : les prochaines étapes d'Univity

  • 9 septembre 2026 : Univity annonce la réussite de la liaison 5G NTN bidirectionnelle entre uniSpark et un terminal terrestre dédié.
  • Aujourd'hui : aucun smartphone du commerce n'a encore été connecté directement dans le cadre de cette démonstration.
  • Premier trimestre 2028 : les deux satellites de démonstration uniShape doivent permettre de tester notamment la connexion Direct-to-Cell avec des terminaux mobiles.
  • À partir de 2029 : le lancement commercial de la future constellation uniSky est envisagé.

Univity veut donc bien aller jusqu'au smartphone. Mais ce sera l'étape suivante.

La start-up prépare désormais uniShape, un programme reposant sur deux satellites de démonstration. Ils doivent notamment servir à valider un service 5G NTN de bout en bout et la connexion Direct-to-Cell avec des terminaux mobiles.

Leur lancement est annoncé pour le premier trimestre 2028. Univity prévoit alors de démontrer une connexion haut débit directement avec des téléphones portables.

Le lancement commercial de la future constellation uniSky est, lui, envisagé à partir de 2029.

L'annonce du 9 septembre est donc plus précise qu'un simple "la 5G arrive sur les smartphones depuis l'espace". Univity vient de prouver qu'une station de base 5G placée en orbite peut communiquer avec un équipement terrestre dans les conditions techniques visées pour son futur réseau. La connexion directe avec un smartphone reste, elle, à démontrer.

Et le projet se distingue aussi de l'image d'un "Starlink français". Univity ne compte pas nécessairement vendre elle-même un abonnement satellite au particulier.

Son projet consiste plutôt à fournir une infrastructure spatiale aux opérateurs télécoms. Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free ou d'autres acteurs pourraient alors utiliser cette couverture satellitaire comme un prolongement de leur propre réseau là où leurs antennes terrestres n'arrivent plus.

Pour l'abonné, l'intérêt potentiel est simple : conserver son opérateur et son téléphone habituel tout en restant connecté dans des zones aujourd'hui mal ou pas couvertes.

Avant d'en arriver là, une étape essentielle reste à franchir : celle qui fera véritablement passer Univity de la 5G "depuis l'espace" à la 5G directement reçue sur un smartphone.

La Rédaction DegroupTest

La Rédaction DegroupTest

L'équipe de rédacteurs DegroupTest vous propose des articles sur l'actualité des box internet, forfaits mobile, VPN et alarmes.

Cette page peut contenir des liens d’affiliation. Si vous achetez via l'un des ces liens, le site marchand pourra nous reverser une commission. en savoir+

Gardons le contact !

Recevez le meilleur de l’actu des opérateurs télécom et nos bons plans.

Email collecté par DegroupTest, marque de Bemove, pour vous informer sur les offres des opérateurs. Consultez notre politique de confidentialité et de gestion de vos données.

Dans la même rubrique
Les articles les plus récents