Orange, Free Mobile, SFR et Bouygues Telecom partageaient déjà des fréquences dans les bandes 700 et 800 MHz sur certains sites mutualisés. Ils vont désormais pouvoir faire de même avec la bande 1800 MHz. L'Arcep a donné son feu vert le 29 septembre 2026, avant de rendre sa décision publique le 13 octobre.
L'objectif est de soulager les antennes qui peinent à absorber le trafic. Car même avec une bonne réception 4G, une connexion peut devenir lente lorsque trop d'utilisateurs sollicitent le réseau en même temps. Le partage de fréquences supplémentaires pourrait justement limiter ces ralentissements.
Votre connexion 4G pourrait-elle vraiment devenir plus rapide ?
Oui, si vous utilisez l'un des sites concernés et que sa capacité radio est insuffisante pour absorber le trafic. Le partage des fréquences 1800 MHz pourrait alors permettre aux opérateurs de mieux répartir les communications et de maintenir des débits plus réguliers.
Imaginez une commune rurale dont l'antenne dessert plusieurs villages. Pendant les vacances, la population augmente et davantage de smartphones se connectent au réseau. Si l'antenne manque de capacité, les débits peuvent chuter aux heures de pointe. Disposer de fréquences supplémentaires peut aider à absorber ce trafic.
Tout dépend donc de l'origine de vos difficultés de connexion.
| Ce que vous constatez | Le partage de fréquences peut-il aider ? |
|---|---|
| Votre 4G ralentit surtout le soir, malgré une bonne réception. | Potentiellement. Une saturation du réseau peut expliquer ces ralentissements. |
| Vous captez mal dans votre logement, mais bien à l'extérieur. | Pas nécessairement. Le problème semble davantage lié à la réception du signal. |
| Vous n'avez aucune couverture 4G. | Non, pas directement. Cette mesure n'impose pas l'installation de nouvelles antennes. |
| Votre connexion est lente en permanence. | Impossible à déterminer. Plusieurs causes techniques peuvent expliquer cette situation. |
Dans tous les cas, l'amélioration suppose que les opérateurs exploitent effectivement ces fréquences supplémentaires sur le site concerné. L'Arcep ne donne aucune estimation chiffrée des gains de débit attendus.
Pourquoi partager les fréquences 1800 MHz peut faire la différence
Les opérateurs mutualisent déjà une partie de leurs infrastructures mobiles. Ils peuvent utiliser le même pylône, partager certains équipements radio ou aller plus loin en exploitant des fréquences communes. Ce dernier mécanisme permet de mettre davantage de ressources radio à la disposition des abonnés des différents réseaux.
Jusqu'ici, l'accord conclu entre les quatre opérateurs en 2019 permettait notamment le partage des bandes 700 et 800 MHz. La nouvelle autorisation étend cette possibilité au 1800 MHz, grâce à des locations réciproques de fréquences déjà attribuées aux opérateurs.
Pourquoi cette bande ? Les fréquences 700 et 800 MHz présentent de bonnes caractéristiques de propagation et pénètrent généralement mieux à l'intérieur des bâtiments. La bande 1800 MHz, utilisée pour la 4G, peut apporter des ressources supplémentaires pour écouler davantage de trafic. Sa portée reste généralement moins favorable que celle des bandes basses.
Son intérêt est donc particulièrement marqué lorsque les cellules radio sont très sollicitées. Ajouter cette ressource peut contribuer à améliorer la capacité disponible, sans garantir pour autant une meilleure réception partout.
Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ne fusionnent pas leurs réseaux. Chacun conserve notamment ses obligations de couverture et ses responsabilités auprès du régulateur. Le partage reste limité aux sites prévus par leur accord.
Quels sites sont concernés et quand les abonnés verront-ils la différence ?
L'autorisation concerne notamment des installations issues des anciens programmes de couverture des zones blanches et du dispositif de couverture ciblée du New Deal mobile. Il s'agit de sites déjà mutualisés, principalement dans des territoires ruraux où les opérateurs partagent des infrastructures pour assurer la couverture.
Elle ne concerne donc pas automatiquement toutes les antennes 4G françaises, y compris celles des grandes villes où le réseau peut aussi être saturé.
Reste une inconnue de taille : l'Arcep n'a pas publié de liste exhaustive des sites qui exploiteront effectivement ce nouveau partage, ni de calendrier détaillé de mise en service. L'autorisation court jusqu'au 24 mars 2031, mais cette échéance ne correspond pas à une date de déploiement.
Pour les abonnés, rien à faire : pas besoin de changer de forfait, de smartphone ou d'activer une option. Les éventuelles améliorations dépendront directement des équipements et des configurations déployés par les opérateurs.
Si votre 4G est régulièrement lente, quelques vérifications peuvent néanmoins vous aider à comprendre ce qui se passe :
- Mesurez votre débit avec le test de débit DegroupTest, après avoir désactivé le Wi-Fi de votre smartphone.
- Recommencez à différentes heures, au même endroit. Une chute régulière du débit aux heures chargées peut suggérer une congestion, sans suffire à la prouver.
- Comparez les résultats en intérieur et en extérieur. Si la connexion fonctionne nettement mieux dehors, la réception radio joue probablement un rôle. Vous pouvez aussi vérifier la couverture 4G et 5G à votre adresse.
Pour aller plus loin, la carte des antennes mobiles de DegroupTest permet de localiser les installations des quatre opérateurs et de consulter les fréquences déclarées à proximité.
Ces outils ne permettent toutefois pas de savoir si une antenne utilise déjà les nouvelles possibilités de partage du 1800 MHz. Pour mesurer les effets réels de la décision, il faudra connaître les sites équipés et disposer de résultats de débit comparables avant et après leur évolution.