On nous promet toujours plus de gigas. Aujourd'hui, les promotions sur les forfaits mobiles mettent en avant des offres avec 200 Go, 250 Go, voire 350 Go. Pourtant, cela ne correspond en rien aux usages réels d'une très grande majorité des utilisateurs.
Derrière cette inflation de data se cache une logique commerciale simple : En vendant davantage de gigas, les opérateurs peuvent plus facilement justifier une hausse des tarifs des forfaits mobile.
La consommation de données mobiles n'a pas explosé
Lors du lancement de la 5G, beaucoup imaginaient une explosion de la consommation mobile. Streaming en très haute définition, cloud gaming, réalité augmentée, intelligence artificielle… Tout semblait annoncer un besoin toujours plus important de données.
Dans les faits, la consommation progresse, mais beaucoup plus lentement.
En effet, d'après l'observatoire de l'Arcep, les utilisateurs des réseaux mobiles ont consommé 4,4 exaoctets de données au cours du premier trimestre 2026. La croissance de ce trafic s'établit à +9 % ce trimestre après s'être stabilisée autour de 13 % par an durant deux ans. Quant à la consommation moyenne de data d'un abonné, elle atteint aujourd'hui 18,4 Go par mois. Soit une hausse de 1,4 Go en un an.
Un chiffre qui interroge : pourquoi la plupart des forfaits mis en avant dépassent-ils désormais les 100 Go, 200 Go, voire même 350 Go ?
Le piège du prix au giga
L'autre question, c'est pourquoi autant de consommateurs choisissent des forfaits de 200 Go ou 250 Go ?
Parce que les opérateurs ont progressivement fait du volume de data leur principal argument commercial.
Prenons un exemple.
Un forfait 250 Go à 15,99 €/mois paraît très attractif. Le prix au giga est excellent.
Mais si vous consommez un peu moins de 20 Go de data tous les mois, comme un utilisateur moyen, vous n'utilisez finalement qu'environ 7% de votre enveloppe mensuelle.
Autrement dit, plus de 230 Go restent inutilisés chaque mois.
Autrement dit : vous jetez peut-être d el'argent par les fenêtres, sans même en avoir conscience.
Le raisonnement consistant à acheter le forfait offrant le meilleur prix au giga est donc parfois trompeur. Ce qui compte réellement, ce n'est pas le coût du giga inclus dans votre abonnement, mais celui des gigas que vous utilisez effectivement.
Pourquoi les forfaits grossissent sans cesse
Les opérateurs ne cherchent évidemment pas à faire gaspiller leurs clients.
En revanche, ils savent qu'un forfait affichant 200 Go paraît beaucoup plus généreux qu'un forfait de 50 Go, même si ces deux offres couvrent largement les besoins de la majorité des utilisateurs.
Le volume de data est ainsi devenu l'un des principaux leviers marketing du marché.
Et forcément, cette stratégie s'accompagne d'une hausse progressive des prix. D'après le baromètre des prix d'Ariase, le prix moyen des forfaits mobiles a augmenté d'environ 40% en un an, alors même que la consommation moyenne progresse beaucoup plus lentement.
De combien de gigas avez-vous vraiment besoin ?
La bonne question n'est pas : quel est le forfait qui offre le plus de gigas au meilleur prix ?
Mais plutôt : combien de gigas est-ce que je consomme réellement ?
Et la réponse est très facile à trouver : elle figure dans votre smartphone ou sur votre facture de téléphonie mobile.
À partir de là, l'idée est de choisir l'abonnement qui correspond à vos besoins réels et qui vous laisse une bonne marge de manœuvre. Et vous verrez qu'il est possible de trouver des forfaits pas chers avec une cinquantaine de gigas à un très bon prix, comme chez cet opérateur, YouPrice, qui propose des abonnement sur les réseaux SFR, Bouygues Telecom et Orange.
Les forfaits XXL ont quand même leur utilité
Néanmoins, tout le monde n'entre évidemment pas dans la moyenne de l'Arcep.
Les forfaits de 200 ou 250 Go restent intéressants si vous utilisez régulièrement votre smartphone comme point d'accès Wi-Fi, si vous travaillez souvent en déplacement, si vous n'avez pas de connexion fixe à domicile ou si vous regardez beaucoup de vidéos en mobilité.
Pour ces profils, disposer d'une très grosse enveloppe de data permet d'éviter les mauvaises surprises.
Maxime Blondet
Responsable éditorial DegroupTest