Vous disposez d'une connexion fibre très rapide, mais son débit chute dès que vous activez votre VPN ? Ce ralentissement s'explique notamment par le détour imposé à vos données. Avant d'atteindre leur destination, celles-ci doivent passer par un serveur VPN, parfois situé à plusieurs centaines ou milliers de kilomètres.
Et le chemin emprunté n'est pas toujours le plus efficace. Il peut traverser des réseaux congestionnés, des infrastructures moins performantes ou multiplier les intermédiaires. C'est précisément ce problème que Surfshark cherche à résoudre avec FastTrack.
Comment FastTrack évite les routes Internet les plus lentes
Sur la route, le trajet le plus court n'est pas forcément le plus rapide. Un GPS peut vous faire emprunter un itinéraire légèrement plus long afin d'éviter un embouteillage. FastTrack applique peu ou prou le même principe à une connexion VPN.
La technologie analyse plusieurs routes possibles entre les serveurs et mesure notamment leur vitesse et leur latence, c'est-à-dire le délai de réponse exprimé en millisecondes. Le trafic est ensuite dirigé vers le chemin considéré comme le plus performant à cet instant. L'itinéraire peut évoluer si une route devient congestionnée ou si un problème survient sur une partie du réseau.
FastTrack s'appuie pour cela sur Nexus, l'infrastructure de Surfshark qui relie les serveurs du fournisseur au sein d'un même réseau. La fonction avait été lancée à l'été 2025 sur seulement trois emplacements : Sydney, Seattle et Vancouver.
Elle est désormais déployée sur tous les continents et sur plus de 2 000 serveurs, soit près de la moitié du réseau de Surfshark. Le fournisseur évoque des gains de vitesse pouvant atteindre 70 % par rapport à un routage classique, notamment sur les connexions longue distance.
Il s'agit néanmoins d'un gain maximal : les performances réelles dépendront toujours de votre connexion, du serveur sélectionné, de la distance et de la congestion du réseau. Pour vous faire une idée concrète, le plus simple reste de comparer votre débit réel avec et sans VPN.
Après Dausos, Surfshark accélère sur tous les fronts
FastTrack n'est pas une initiative isolée. Surfshark multiplie depuis plusieurs mois les évolutions destinées à réduire l'impact de son VPN sur la vitesse de connexion.
Le fournisseur a notamment dévoilé Dausos, un nouveau protocole VPN qui promet de booster la connexion jusqu'à 30 %. Mais les deux technologies n'agissent pas au même niveau. Dausos cherche à rendre le tunnel VPN plus efficace : il adapte son fonctionnement aux conditions du réseau et utilise notamment un tunnel individuel pour chaque utilisateur. FastTrack, de son côté, ne modifie pas le protocole : il optimise l'itinéraire emprunté par les données entre les différentes infrastructures.
Un bémol s'impose toutefois sur les 30 % annoncés pour Dausos. Après la correction de problèmes rencontrés sur certaines connexions fibre, un test de TechRadar a mesuré un débit seulement 5,8 % supérieur à celui de WireGuard. Comme les 70 % de FastTrack, la promesse de Surfshark correspond donc à un gain maximal, qui ne sera pas nécessairement reproduit chez tous les utilisateurs.
Surfshark travaille donc simultanément sur plusieurs couches de son service :
- le protocole utilisé pour transporter les données
- le chemin suivi par celles-ci
- la capacité de ses serveurs.
Le fournisseur déploie d'ailleurs de nouveaux serveurs pouvant atteindre 100 Gbit/s afin de limiter les risques de saturation aux heures de forte affluence.
Une différence surtout visible sur les serveurs éloignés
L'intérêt de FastTrack devrait être particulièrement sensible lorsqu'un utilisateur se connecte à un serveur situé dans un autre pays ou sur un autre continent. Plus la distance augmente, plus les données risquent de rencontrer des routes encombrées ou peu performantes.
La technologie pourra donc être utile pour :
- regarder des vidéos en streaming depuis l'étranger ;
- télécharger des fichiers volumineux via un serveur distant ;
- maintenir une connexion plus stable lorsqu'un serveur VPN éloigné est nécessaire.
Sur une connexion vers un serveur français proche et peu chargé, la différence pourra en revanche être minime. FastTrack n'est d'ailleurs activé que lorsque Surfshark estime qu'un détour optimisé peut faire mieux qu'une connexion directe.
Rappelons que la fonction Fastrack demeure pour le moment réservée aux applications macOS (avant une future extension à Android, Windows et iOS) . Les serveurs compatibles sont identifiés par une icône et aucun réglage particulier n'est nécessaire.
Avec FastTrack et Dausos, Surfshark cherche finalement à rendre l'activation d'un VPN presque invisible dans l'usage quotidien. Après avoir longtemps communiqué sur la confidentialité et la sécurité, le marché des VPN se joue désormais aussi sur un autre terrain : celui de la vitesse.