Il reste 2,9 millions d'abonnés à l'ADSL, contre 4,7 millions il y a un an : pourquoi ces irréductibles s'accrochent au cuivre

Par La Rédaction DegroupTest publié le 26/06/2026 à 07h59

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Au 31 mars 2026, la France comptait encore 2,9 millions d'abonnements ADSL. Bien que le parc ADSL soit en nette baisse de 38 % en un an, pourquoi autant d'internautes s'accrochent-ils encore à leur box ADSL alors qu'ils sont bien souvent raccordables à la fibre ?

Un câble téléphonique en cuivre déconnecté à côté d'une fibre optique émettant une lumière cyan.

Ces chiffres viennent de l'observatoire du très haut débit de l'ARCEP publié le 11 juin 2026. L'ADSL utilise le réseau téléphonique en cuivre historique. Il ne disparaît pas tout seul : un calendrier officiel programme son extinction, commune par commune, d'ici 2030.

Le cuivre s'effondre : 1,8 million d'abonnés ADSL en moins en un an

Selon l'ARCEP, le nombre d'abonnements ADSL/VDSL2 est passé de 4,7 à 2,9 millions en un an. Le réseau cuivre perd ainsi entre 400 000 et 500 000 lignes chaque trimestre. Soit 1,8 million de foyers qui ont coupé le cordon en douze mois.

Dans le même temps, la fibre FTTH a continué de grimper. Elle atteint 27,7 millions d'abonnements fin mars 2026, soit 84 % des accès internet fixes. Un détail en dit long. Le marché ne gagne presque plus d'abonnés au total : +110 000 seulement sur le trimestre. La fibre ne conquiert donc plus de nouveaux foyers, elle récupère ceux du cuivre. On est passé de la conquête à la simple substitution.

L'écart de performance, lui, est béant. L'ADSL plafonne souvent autour de 10 à 20 Mb/s en réception, et sous le mégabit en envoi. La fibre grimpe de 1 à 8 Gb/s, avec un débit montant parfois symétrique. Résultat : vos sauvegardes cloud, vos visios et le télétravail cessent de ramer aux heures de pointe. Et la latence tombe d'environ 30-50 ms à quelques millisecondes, ce qui se sent autant en visioconférence qu'en jeu en ligne.

Pourquoi 2,9 millions de foyers restent encore en ADSL ?

La première raison est toute simple : tous les foyers ne peuvent pas encore passer à la fibre. Environ 5 % des locaux restent non raccordables, et 549 communes ne comptent toujours aucun logement éligible.  La seconde raison n'a rien de technique. Beaucoup de foyers ne voient pas l'intérêt de changer. 

Leur ligne ADSL suffit pour regarder une série, relever ses mails et naviguer. Pourquoi prendre rendez-vous, déplacer un meuble et risquer une coupure si tout marche ? Tant que l'usage reste léger, l'inertie l'emporte, surtout quand l'abonnement est sans engagement et peu cher.

  • L'âge et l'attachement à une ligne qui dure. Une partie de ces abonnés sont des seniors ou des gens peu à l'aise avec le numérique, et peu enclins à changer un service qui fonctionne depuis des années. La fibre ne leur apporte rien de visible et le changement est perçu comme un risque.
  • La peur des travaux et du raccordement. Passer à la fibre suppose de tirer un câble jusqu'au logement, depuis l'armoire de quartier d'où part la fibre. En maison, cela représente parfois plusieurs dizaines de mètres. En immeuble, l'intervention en parties communes dépend de l'accord du syndic, ou du propriétaire quand on est locataire. Cela peut traîner des mois. Et les échecs de raccordement, encore fréquents, refroidissent ceux qui ont déjà vu un technicien repartir sans avoir réussi.
  • La crainte du surcoût. Beaucoup imaginent la fibre plus chère que leur forfait ADSL. C'est rarement vrai aujourd'hui, mais l'idée suffit à freiner.
  • Le manque d'information, enfin. Une partie de ces abonnés n'a jamais été démarchée, ou ignore qu'elle est désormais éligible. Les derniers locaux raccordés en zone rurale sont souvent classés « raccordables sur demande », et leurs habitants ne le savent pas.

Fin de l'ADSL : le compte à rebours du cuivre a commencé

Car même les plus attachés à l'ADSL n'auront bientôt plus le choix. Orange a engagé la fermeture du réseau cuivre, par lots de communes, jusqu'à l'extinction totale prévue pour 2030. La fermeture est déjà bien engagée. Depuis le 31 janvier 2026, plus de 26 000 communes sont fermées aux nouvelles souscriptions ADSL : c'est la fermeture dite « commerciale ».

Vient ensuite la fermeture « technique », celle où la ligne est réellement débranchée. Elle avance par vagues : plusieurs milliers de communes par lot entre 2026 et jusqu'en 2030. La fin de l'ADSL n'est donc plus une hypothèse, mais une réalité datée.

Concrètement, si votre commune figure au calendrier, votre opérateur vous prévient, avec un délai pour migrer. L'objectif est de migrer vers la fibre ou sinon une autre technologie très haut débit comme la box 4G/5G. Passé l'échéance, la ligne est coupée : ni fibre, ni ADSL. 

À l'échelle du pays, la bascule est quasi jouée : 42,8 millions de locaux raccordables, et un parc cuivre qui fond de près d'un demi-million de lignes par trimestre. Pour ces 2,9 millions de derniers abonnés ADSL, la migration vers la fibre n'est plus qu'une question de calendrier. Si vous en faites partie, choisissez votre offre au calme plutôt que dans l'urgence pour trouver la meilleure box correspondant à vos besoins.

La Rédaction DegroupTest

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